L'Homme serait fondamentalement égoïste, mais pourrait, au prix de grands efforts, développer son altruisme. ce soupçon permanent ne permet de comprendre ni les actes de véritable altruisme, ni les comportements de grande destructivité humaine.C'est l'un des axes de travail du philosophe Michel Teretschenko, l'invité de ce Dialogue.Quelques livres de Michel :https://www.editionsladecouverte.fr/voir_le_monde_autrement-9782348092916https://www.editionsladecouverte.fr/un_si_fragile_vernis_d_humanite-9782707153265https://www.editions-jclattes.fr/livre/les-scrupules-de-machiavel-9782709668231/Mon site : https://www.fabricemidal.comReso, mon école de méditation : https://www.reso.coRéalisation, image et son : Alexandre AgostiniMontage : Constance HaondMots clé : On a pu espérer, un temps, que les monstruosités de la Seconde Guerre mondiale étaient derrière nous. Or partout, à nouveau, on massacre, on torture, on extermine. Comment comprendre cette facilité à entrer dans le mal ? Michel Terestchenko rouvre ici le débat, en complétant notamment la démonstration de Hannah Arendt. Héros ou salaud ? C'est toujours une décision initiale, à peine perceptible, qui décide du côté dans lequel, une fois engagé, on se retrouve in fine.Qu'est-ce qui explique cette décision ? L'enquête de Michel Terestchenko montre combien est stérile l'opposition entre tenants de la thèse de l'égoïsme psychologique et défenseurs de celle d'un altruisme sacrificiel. Ce n'est pas par " intérêt " que l'on tue ou que l'on torture. Ni par pur altruisme que l'on se refuse à l'abjection.Les travaux qui analysent les phénomènes de soumission à l'autorité, de conformisme de groupe ou de passivité face à des situations de détresse invitent à repenser les conduites de destructivité. À partir de recherches récentes en psychologie sociale et en s'appuyant sur des exemples historiques particulièrement éclairants, l'auteur propose de penser les conduites humaines face au mal selon un nouveau paradigme : celui de l'absence ou de la présence à soi.Michel Terestchenko est maître de conférences émérite de l'université de Reims. Spécialiste de philosophie morale et politique, il a notamment publié Un si fragile vernis d'humanité. Banalité du mal, banalité du bien (La Découverte/poche, 2007), Du bon usage de la torture, ou comment les démocraties justifient l'injustifiable (La Découverte, 2008), Ce bien qui fait mal à l'âme. La littérature comme expérience morale (Don Quichotte, 2018) et Les Scrupules de Machiavel (JC Lattès, 2020).