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Gregory Pouy
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    #388 Comment cultiver la joie quand tout s'effondre? avec Mai Hua

    31/03/2026 | 1 h 5 min
    Mai Hua, réalisatrice et autrice est une amie et elle est venue plein de fois sur Vlan!
    Elle a signé Les rivières et Make Me a Man, et sort aujourd'hui Mayday, un documentaire qui filme l'intérieur d'une retraite thérapeutique de 14 jours, sans électricité, sans réseaux sociaux, avec 12 personnes qui ne se connaissent pas et n'ont rien en commun.
    Mai Hua est donc une amie proche. On se connaît depuis longtemps et j'attendais cet épisode avec impatience, parce que ce qu'elle explore touche exactement ce que j'essaie de mettre en mots depuis des années : comment retrouver de l'élan dans un monde qui semble faire tout pour nous l'enlever.
    Dans cet épisode, nous parlons de la différence fondamentale entre développement personnel et soin collectif, de ce que ça fait de vivre sans téléphone pendant deux semaines, du rôle de la colère comme émotion mal comprise et puissante, et de pourquoi la joie est un acte politique, pas un sentiment léger.
    J'ai questionné Mai Hua sur ce que le cinéma peut soigner que la thérapie ne peut pas, sur la manière dont les réseaux sociaux organisent notre séparation, et sur ce que les peuples racines ont compris que nous avons oublié. C'est une conversation sur le courage, au sens littéral : courage vient du mot cœur. Et c'est exactement ce dont il est question ici.
    Citations marquantes
    "Est-ce que tu veux être une bonne personne ou une personne entière ?" — Carl Jung, cité par Mai Hua en ouverture du film Mayday.
    "The circle is a shaman. D'être ensemble, ça nous fait accéder à une super intelligence, une super âme. Ce n'est pas juste un plus un font deux."
    "Si tu perds la joie, tu perds deux fois." — Nicolas Gau, cité par Mai Hua.
    "Quand ton corps vit dans des éléments, il n'y a plus de douche, il fait froid, il y a une rivière pour se laver, le toi que tu vas créer est totalement différent de celui que tu peux créer devant ton ordinateur."
    "La raison d'être de la tribu, c'est la guérison des individus. C'est ça qu'on doit faire. Trouver la super soul qui va amener de la guérison aux individus pour nous mettre en mouvement."
    Idées dont nous parlons
    1. Le collectif comme antidote, pas comme supplément Timestamp approximatif : 0:05:30 à 0:07:11 La retraite filmée dans Mayday n'est pas du développement personnel. C'est une proposition culturelle : changer les règles du vivre-ensemble pour voir ce que les individus deviennent quand la tribu a pour cœur de les guérir, et non de les rendre productifs. Le capitalisme a inversé ce paradigme. Filmer ça, c'est montrer qu'une autre logique existe, et qu'elle fonctionne.
    2. La colère comme condition de l'intégrité Timestamp approximatif : 0:20:52 à 0:24:07 Réprimer la colère, c'est se couper d'une partie de soi. Dans une société de performance qui demande de gérer ses émotions, on devient "bonne personne" au sens social du terme mais on cesse d'être entier. La scène de la batte de baseball dans Mayday illustre ce que ça coûte de mettre cette émotion sous cloche, et ce que ça libère de la traverser.
    3. La joie est révolutionnaire Timestamp approximatif : 0:33:54 à 0:34:42 La joie n'est pas un sentiment léger ni un luxe. C'est le carburant de la résistance. Elle est inconditionnelle, intérieure, accessible, mais son accès est obstrué. Ce que la retraite, le film et la conversation visent tous les trois : désinterdire l'accès à la joie dans un monde qui tire systématiquement vers les passions tristes.
    4. L'écoute soigne plus que la parole Timestamp approximatif : 0:40:22 à 0:42:29 Le cercle s'appelle "cercle de paroles" mais c'est en réalité un cercle d'écoute. On parle une fois, on écoute vingt fois. Et c'est dans cet espace que quelque chose se libère : la parole de l'autre, quand elle circonscrît une vérité qu'on n'arrivait pas à formuler soi-même, agit comme de la magie. Delphine de Vigan l'a formulé ainsi : c'est un film qui parle du pouvoir des mots.
    5. On devient ce qu'on cultive Timestamp approximatif : 0:51:05 à 0:53:13 Les humains sont hyper adaptables. La violence comme l'entraide sont des potentiels. Ce qui décide, c'est la culture dans laquelle on s'inscrit, ce qu'on choisit d'entretenir. La discipline de la joie, de la résistance, de la convivialité n'est pas naturelle dans ce monde, mais elle est possible et nécessaire.
    Questions structurantes de l'interview
    Pourquoi filmer une retraite, et quel est pour toi le rôle des retraites dans un contexte où beaucoup de choses s'effondrent ?
    En quoi une retraite thérapeutique collective est-elle différente du développement personnel individuel ?
    Quel est le rôle du care et du soin dans le fait de redonner envie du futur ?
    En quoi être connecté à son corps, pas seulement à sa tête, change quelque chose dans cette démarche ?
    La colère est un sentiment mal jugé. En quoi est-ce un sentiment positif, et pourquoi l'exprimer est une condition d'intégrité ?
    Comment un documentaire peut-il produire chez le spectateur quelque chose de proche de l'expérience vécue par les participants ?
    Quel est pour toi le rôle du divertissement dans une société où l'attention est capturée en permanence ?
    Toi, qu'est-ce qui te donne de l'élan aujourd'hui, dans ce monde où tout semble s'effondrer ?
    Quel est le rôle des artistes dans cette période très particulière pour redonner de l'élan aux gens ?
    Est-ce qu'on ne ferait pas l'erreur de vouloir agir au niveau national ou global plutôt que local ?
    Références citées dans l'épisode
    Personnes et penseurs
    Carl Jung : citation en ouverture du film Mayday : "Est-ce que tu veux être une bonne personne ou une personne entière ?" — 0:22:35
    Joan Tronto : éthique du care, citée par Mai Hua comme fondement de sa démarche — 0:07:37
    Scott Peck (thérapeute) : définition de l'amour comme "the will to develop spiritually and to support the spiritual development of others" — 0:07:37
    Gilles Deleuze : "Le pouvoir a besoin de tristesse" — cité par Greg — 0:16:25
    Nicolas Gau : auteur d'un livre sur la joie comme acte de résistance. Citation : "Si vous perdez la joie, vous perdez deux fois." — 0:33:54
    Viktor Frankl : référence à la résistance qui génère de la joie, dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale — 0:34:42
    Hayao Miyazaki : cité par Mai Hua sur le divertissement comme moyen de changer une trajectoire — 0:31:01
    Delphine de Vigan (romancière) : a participé au crowdfunding de Mayday et commenté le film autour du pouvoir des mots — 0:40:58
    Pablo Servigne : cité par Greg à propos de l'entraide et des sociétés violentes condamnées à mourir, dans le prolongement d'une interview précédente — 0:57:34
    Thomas Hobbes : "l'homme est un loup pour l'homme", "ma mère a accouché de deux jumeaux, moi et la peur" — cité par Mai Hua — 0:58:53
    Spinoza et Rousseau : cités comme alternatives à Hobbes sur l'entraide comme régulateur fondamental des sociétés — 0:58:53
    Mark Twain : "Il y a toujours un peu de lumière, il y a toujours un peu de violence" — cité par Mai Hua — 0:52:01
    Lumière Laprais : militante politique citée comme exemple de quelqu'un qui articule pouvoir local et discours global — 0:53:37
    Films
    Premier contact de Denis Villeneuve : scène de la linguiste qui traverse sa peur pour aller vers l'inconnu, citée comme métaphore de l'engagement malgré la peur — 0:11:18
    Les rivières : premier film de Mai Hua sur sa lignée familiale féminine — 0:26:00
    Make Me a Man : deuxième film de Mai Hua, aborde les "Pulse Battalions" britanniques de la Première Guerre mondiale — 1:02:25
    Mayday : documentaire en cours de sortie filmant une retraite thérapeutique de 14 jours — fil conducteur de l'épisode
    Livres / concepts
    Futur Ancestral : livre cité par Mai Hua sur les savoirs ancestraux inscrits dans nos gènes — 0:42:47
    Sex at Dawn : livre d'un couple de chercheurs critiqué sur certains chapitres, qui déconstruit le mythe de la violence naturelle de l'homme — 0:58:53
    Bullshit Jobs : concept évoqué implicitement (David Graeber), 70% des gens feraient un travail dont ils sentent l'inutilité — 0:38:14
    Peuples racines : livre d'une journaliste belge (nom oublié) ayant fait un tour du monde pour identifier les raisons d'être communes des peuples anciens — 0:56:06
    Timestamps clés
    00:00 — Introduction : et si le soin était le chemin vers l'avenir ? Greg ouvre l'épisode sur la tension entre individualisme et solitude, et présente Mai Hua, réalisatrice de Mayday.
    01:52 — Pourquoi filmer une retraite Mai Hua explique sa motivation : redonner de l'espoir en montrant au public ce qu'elle a elle-même vécu comme participante et facilitatrice.
    04:44 — Développement personnel vs soin collectif Échange central sur la différence entre le self-care individualisé et la logique de la retraite collective. Le capitalisme a fait de la guérison une commodité.
    07:11 — L'éthique du care et la définition de l'amour Références à Joan Tronto et Scott Peck. L'amour comme volonté de se développer et d'aider l'autre à se développer.
    08:40 — Le rôle du care pour redonner envie du futur Relâchement, écoute, porosité avec la nature : un autre régime d'existence que l'efficacité et la performance.
    11:18 — L'engagement malgré la peur Scène de Premier contact de Villeneuve. La peur n'est pas quelque chose à vaincre, c'est quelque chose qu'on traverse.
    13:02 — La retraite comme microcosme de l'humanité 12 personnes très différentes sous le même toit. La confrontation des systèmes de croyance comme moteur de transformation.
    16:25 — Les réseaux sociaux organisent notre séparation Deleuze, les passions tristes, le café du commerce. Ce que la retraite fait à l'opposé de ce que les plateformes fabriquent.
    18:00 — Le téléphone, vrai trigger de la déconnexion Ce n'est pas la nourriture ni l'électricité qui paniquent les gens. C'est l'annonce qu'il n'y aura pas de téléphone.
    20:45 — Pourquoi le corps compte autant que la tête L'atelier de la colère, la batte de baseball, la somatisation. Le corps garde des émotions très anciennes.
    22:14 — La colère comme condition d'intégrité Référence à Carl Jung. "Est-ce que tu veux être une bonne personne ou une personne entière ?" Le coût de mettre sa colère sous cloche.
    25:54 — La puissance du collectif dans un monde individualiste "The circle is a shaman." Ce que le collectif permet que l'individu seul ne peut pas atteindre.
    27:07 — Comment un film peut soigner comme une expérience Le cinéma réhumanise nos expériences. Les gens rentrent en résistance, puis en empathie, exactement comme dans le cercle.
    29:47 — Divertissement et nihilisme passif Miyazaki, le doomscrolling, Netflix. La différence entre le divertissement qui endort et celui qui change une trajectoire.
    33:54 — La joie est un acte révolutionnaire Nicolas Gau : "Si tu perds la joie, tu perds deux fois." La joie est inconditionnelle, intérieure, et l'accès peut être désinterdits.
    42:29 — Le pouvoir des mots et la magie du cercle Delphine de Vigan sur Mayday. Quand un mot circonscrît une vérité que tu n'arrivais pas à formuler, c'est de la libération.
    53:05 — Comment cultiver l'élan au quotidien On devient ce qu'on cultive. La discipline de la joie, de la convivialité, du soin.
    57:34 — L'entraide comme loi naturelle Référence à Pablo Servigne. La loi de la jungle est un mythe. Les sociétés violentes meurent. L'entraide régit le vivant.
    1:00:03 — Collectif vs Trump : deux formes d'élan L'élan de prédation vs l'élan du collectif. Individuellement on est faibles, collectivement on est incroyablement puissants.
    1:03:24 — Imaginer un avenir positif Ce que Mai Hua aimerait pour ses enfants, pour les rivières, pour les oiseaux.
    1:04:09 — La clôture : ouvrir la porte du cœur Le mot "courage" vient du mot "cœur". C'est l'invitation finale de Mai Hua.

    Suggestion d'autres épisodes à écouter :
    Vlan #92 (VF 🇫🇷) Connaitre ses côtés sombres pour être une personne entière avec Mai Hua (https://audmns.com/omiLEbU)

    Vlan #100 L'humanisme pour réinventer les masculinités avec Mai Hua (https://audmns.com/vUCAnjQ)

    [BEST OF] L'humanisme pour réinventer les masculinités avec Mai Hua (https://audmns.com/HYFOtZC)

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    [SOLO] J'ai passé 20 ans à défendre les réseaux sociaux. J'avais tort.

    26/03/2026 | 47 min
    Une confession professionnelle et personnelle sur vingt ans passés à l'intérieur d'un système que j'ai contribué à construire, à défendre, à enseigner, et que je regarde aujourd'hui avec un mélange de lucidité et de fatigue.
    Dans cet épisode, je parle de la fin d'une relation. Pas d'une rupture spectaculaire, pas d'un manifeste militant, mais d'un désamour doux et irréversible avec les réseaux sociaux.
    Je remonte aux débuts, en 2005, quand les blogs servaient avant tout à organiser des rencontres physiques dans des appartements et des cafés parisiens. Je traverse la professionnalisation progressive, l'arrivée du Klout, la corruption silencieuse par l'argent et les algorithmes, jusqu'au moment où j'ai supprimé quasi tout le contenu de mon Instagram personnel, tranquillement, presque avec soulagement.
    J'ai questionné cette histoire sur ce que les données disent vraiment, sur le concept d'enshittification de Cory Doctorow, sur la Dark Forest Theory, sur la "connected privacy" d'Eugene Healey et sur ce que tout ça dit de ce qu'on cherche vraiment. Et pourquoi, malgré tout, je reste optimaliste.

    3. Citations marquantes
    "La dégradation n'est pas un bug, c'est une fonctionnalité." (Cory Doctorow, cité dans l'épisode)
    "Seulement 7% du temps passé sur Instagram concerne des échanges entre amis et proches. Meta l'a admis en justice."
    "Être offline est devenu le nouveau luxe. Il y a quinze ans, le symbole de statut c'était le BlackBerry. Aujourd'hui c'est de pouvoir être délibérément hors ligne."
    "L'authenticité est devenue performative. Ce qui est un contresens évident."
    "Être vu est algorithmique. Être connu est analogique. Huit personnes autour d'une table qui se souviennent comment vous prenez votre café."
    Idées principales
    1. L'enshittification : la dégradation programmée (~16:00) Cory Doctorow décrit en trois temps la mécanique infaillible de toutes les plateformes : séduction des utilisateurs, exploitation au profit des annonceurs, pillage pour les actionnaires. J'ai vécu ces trois phases de l'intérieur depuis 2005. Ce n'est pas un accident, c'est le modèle.
    2. L'authenticité comme format (~20:00) Le moment où quelqu'un a découvert que la vulnérabilité performait mieux que la perfection a tout changé. Les confessions personnelles sont aujourd'hui rédigées avec la même minutie qu'une campagne publicitaire. L'authenticité est devenue une stratégie de contenu, ce qui la détruit par définition.
    3. La Dark Forest Theory : la fuite silencieuse (~26:00) Face au bruit algorithmique, les utilisateurs ne quittent pas internet, ils se réfugient dans ses recoins privés. WhatsApp, Discord, Substack restreint, dîners sans téléphone. Ce mouvement est massif, silencieux, et parfaitement rationnel.
    4. Être vu versus être connu (~30:00) Eugene Healey pose une distinction fondamentale : des milliers de followers qui regardent vos stories versus huit personnes qui savent comment vous prenez votre café. Le premier est scalable à l'infini. Le second ne l'est pas. Et c'est exactement pour ça qu'il redevient désirable.
    5. La "selective friction" comme réponse (~32:00) Pas la déconnexion totale comme idéologie, mais remettre volontairement de la difficulté dans ses usages numériques. Appeler quelqu'un plutôt que lui envoyer un message. Demander à un ami plutôt que googler. Ce n'est pas de la résistance, c'est une hygiène de l'attention.
    Questions structurantes que je me pose
    Est-ce que vous ressentez encore du plaisir à être sur les réseaux sociaux ? Pas de l'utilité, du plaisir ?
    Comment l'argent et les algorithmes ont-ils progressivement changé la nature des relations dans l'écosystème digital ?
    Qu'est-ce que le refus de Twitter de se vendre à Facebook a changé pour toujours dans notre rapport à l'information ?
    Pourquoi l'authenticité est-elle devenue un format, et qu'est-ce que ça dit sur nous ?
    Que révèlent les 93% de temps non-social sur Instagram sur la promesse originelle des réseaux ?
    La déconnexion est-elle un luxe réservé à ceux qui ont déjà une réputation établie ?
    Qu'est-ce que l'IA va changer dans notre rapport aux plateformes dans les 2 à 3 prochaines années ?
    Pourquoi les "third places" ont-ils disparu, et pourquoi leur retour semble-t-il inévitable ?
    Quelle est la différence entre être vu et être connu, et pourquoi cette distinction devient-elle centrale ?
    Vingt ans après avoir évangélisé les réseaux sociaux, est-ce que je regrette quelque chose ?
    Références citées
    Concepts & auteurs
    Cory Doctorow — essayiste canadien, concept d'"enshittification" (merdification), élu mot de l'année 2023 aux États-Unis (~16:00)
    Eugene Healey — stratégiste australien, Substack "Considered Chaos", concepts de "connected privacy" et "selective friction" (~26:00–35:00)
    Venkatesh Rao — essayiste américain, concept du "cozyweb" (~29:00)
    Sherry Turkle — psychologue américaine, formule "seuls ensemble" (~29:00)
    Cal Newport — professeur à Georgetown, auteur de Digital Minimalism, concept de "deep life" (~36:00)
    Frances Haugen — lanceuse d'alerte Meta sur les contenus haineux (~18:00)
    Données & études
    Enquête GWI / Financial Times : 250 000 adultes dans 50 pays, pic d'usage en 2022 puis chute de ~10%, Gen Z en tête du décrochage (~15:00)
    Meta en justice : 7% du temps sur Instagram = échanges entre amis, 93% = contenus algorithmiques (~16:00)
    4,1% des Américains ont participé à un événement social un week-end ordinaire en 2023 (~33:00)
    Article
    "The Anti-Social Century" — The Atlantic (~33:00)
    Personnalités mentionnées
    Hugo Travers (HugoDécrypte), Cyprien, Éric Maillard, Fanny Bouton ("Fanny's parties") — anecdotes des débuts de l'écosystème blog (~04:00)

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    #387 Sommes nous prêts pour le retour à la guerre ? Avec le Général de Villiers (partie 2)

    24/03/2026 | 36 min
    Pierre de Villiers, général et ancien chef d'état-major des armées de France jusqu'en 2017, auteur notamment de Servir et d'un nouveau livre sur le redressement de la France intitulé ""pour le succès des armées de la France"
    J'ai une vraie fascination pour la culture militaire, cette culture du temps long, de la loyauté vraie et du sens du service — et c'est précisément ce que Pierre de Villiers incarne mieux que quiconque. Il a grandi dans une famille où le père avait fait cinq ans de captivité, il a commandé jusqu'à 80 chars Leclerc, il a côtoyé quatre présidents de la République en Conseil de défense, et il a eu le courage peu commun de démissionner publiquement plutôt que de se taire. Ce n'est pas l'invité habituel de VLAN, et c'est exactement pour ça que j'ai voulu l'avoir.
    Dans cet épisode, nous parlons de la situation géopolitique mondiale — le retour des États-puissances, la guerre en Ukraine, la relation ambiguë avec les États-Unis — mais aussi de l'état intérieur de la France : la désindustrialisation, la crise de l'autorité, le fossé entre gouvernants et gouvernés, la démographie, l'immigration, la dette. J'ai questionné le général de Villiers sur ce que signifie vraiment servir, sur pourquoi nos démocraties produisent des décisions courtes alors que les défis sont longs, et sur ce qui, malgré tout, lui donne de l'espoir.
    CITATIONS MARQUANTES
    « Les États-Unis sont des partenaires adversaires. Les États n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts. » — 0:32:52
    « La vraie autorité, c'est quand l'ordre a été exécuté avant d'être donné. » — 0:22:26
    « Il faut penser l'impensable. Et aujourd'hui, j'ai le sentiment qu'on repousse tout ça en se disant : ça ne sera pas pour nous. » — 0:53:00
    « 80% des Français sont d'accord sur les grandes mesures. Et 90% de ceux qui dirigent sont opposés à ces 80%. » — 1:16:06
    « Ces migrants, ils arrivent pour leur malheur, pas pour leur bonheur. Et toutes ces belles âmes qui se bouchent le nez à vélo à Paris — ça suffit. » — 0:43:20
    IDÉES CENTRALES
    1. Le retour de la guerre comme réalité, pas comme concept La guerre n'est pas une abstraction historique. De Villiers l'a vue en ex-Yougoslavie, il voit l'Ukraine perdre 1 000 hommes par jour. Ses préventions remontent à 2017 : les États-puissances réarmaient à 5-10% par an depuis quinze ans pendant que les démocraties européennes savouraient les dividendes de la paix. Ce que les politiques français refusent encore de voir ressemble trop à 1935 pour ne pas inquiéter. Pourquoi c'est important : ce n'est pas un discours belliciste, c'est un appel pragmatique à ne pas répéter l'aveuglement des années 30. Timestamp : 0:26:17 – 1:00:07
    2. L'autorité vraie versus l'autoritarisme L'ordre donné et exécuté avant d'avoir été dit : telle est la définition de de Villiers d'une autorité réussie. En France, la culture du pouvoir confond décision unilatérale et leadership. L'adhésion prime sur la contrainte ; la vraie loyauté consiste à dire la vérité à son chef, pas à lui plaire. Pourquoi c'est important : ce modèle interpelle autant les patrons d'entreprise que les responsables politiques. Timestamp : 0:21:41 – 0:22:26
    3. Le fossé entre gouvernants et gouvernés 80% des Français partagent un socle commun sur les grandes questions (sécurité, immigration, pouvoir d'achat, réarmement) ; 90% des dirigeants s'y opposent ou l'ignorent. Ce fossé explique à la fois l'abstention massive et les votes protestataires aux extrêmes, y compris l'élection de Trump lue comme un vote de rejet. Pourquoi c'est important : la démocratie ne se fracture pas par accident — elle se fracture par accumulation d'inattention. Timestamp : 0:25:06 – 1:16:57
    4. La mondialisation comme erreur fondamentale Désindustrialisation, chômage endémique, territoires vidés, dépendance stratégique : de Villiers relie directement la mondialisation heureuse à la fragilisation des nations. Il défend la coopération interétatique sur des projets souverains, pas une Europe fédérale qui, selon lui, se terminera en cauchemar. Pourquoi c'est important : la souveraineté industrielle est un enjeu de défense nationale autant qu'économique. Timestamp : 0:29:13 – 0:31:38
    5. Le sens du collectif comme antidote à l'individualisme L'armée et le football lui ont appris que les cohésions s'additionnent, ne s'opposent pas. La société de consommation a produit le tout-à-l'égo. Retrouver le sens du service — et l'enseigner à la jeunesse — est pour lui la condition d'un redressement moral avant d'être politique. Pourquoi c'est important : le problème français n'est pas d'abord budgétaire, il est civilisationnel. Timestamp : 0:50:16 – 0:52:51
    6. Trois pistes pour sortir de la crise budgétaire Réforme du modèle social (retraites, sécu), remise au travail de la France (l'un des pays OCDE qui travaille le moins), réforme de l'État régalien (faire moins mais faire ce pour quoi l'État existe). Ce n'est pas un programme partisan : tous les responsables politiques qu'il a fréquentés convergent sur ces trois pistes sans jamais les appliquer. Pourquoi c'est important : la lucidité sur les solutions rend l'inaction encore plus inexplicable. Timestamp : 1:13:07 – 1:15:55
    7. La jeunesse comme signal d'espoir Malgré le tableau sombre, de Villiers perçoit dans la jeunesse une soif authentique. Pas de valeurs fondatrices reçues, mais une demande réelle. Il faut leur parler aux tripes, pas à l'intelligence managériale — leur donner la gloire, l'honneur, l'amour des autres. Pourquoi c'est important : l'espérance n'est pas naïve si elle repose sur une observation directe du terrain. Timestamp : 1:20:33 – 1:22:19
    QUESTIONS POSÉES DANS L'INTERVIEW
    Pouvez-vous retracer les étapes qui vous ont conduit jusqu'à la tête de l'état-major des armées ? (0:02:25)
    Jusqu'où un haut fonctionnaire doit-il avaler des couleuvres avant de démissionner ? (0:19:24)
    Pourquoi le système politique produit-il des personnalités perçues comme médiocres, et est-ce vraiment une question de personnes ? (0:22:26)
    Le néolibéralisme et la financiarisation ont-ils dépossédé le politique de sa capacité à décider sur le long terme ? (0:25:06)
    Comment décririez-vous la situation géostratégique mondiale aujourd'hui — États-Unis, Russie, Chine ? (0:26:03)
    Les États-Unis sont-ils encore des alliés fiables pour la France et l'Europe ? (0:32:37)
    Comment avez-vous vécu l'élection de Trump en 2016, et l'avez-vous anticipée ? (0:34:01)
    Sommes-nous à l'aube d'une Troisième Guerre mondiale, ou a-t-elle déjà commencé ? (0:52:51)
    Comment remettre de l'ordre et restaurer l'autorité de l'État sans sacrifier la démocratie ? (1:07:01)
    Quels sont les trois signes qui, malgré tout, vous donnent de l'espoir pour la France ? (1:18:47)
    RÉFÉRENCES CITÉES DANS L'ÉPISODE
    Personnalités historiques
    De Gaulle — cité pour sa formule sur les intérêts des États et son rôle de "dernier vrai stratège français" (0:32:52)
    Napoléon — "La chance est la forme la plus élaborée de la compétence" (0:17:04)
    Clemenceau — "l'union sacrée" comme modèle de cohésion nationale (1:20:33)
    De Lattre de Tassigny — "l'amalgame" (1:20:33)
    Leclerc — le serment de Koufra (1:20:33)
    Soljenitsyne — discours de Harvard 1978 sur Le déclin du courage (0:24:40)
    Malraux — "Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas" (0:50:16)
    Chevènement — "un ministre, ça obéit ou ça ferme sa gueule ou ça démissionne" (0:19:42)
    Personnalités politiques contemporaines citées
    François Hollande — (0:15:15 – 0:20:55)
    Jean-Yves Le Drian — ministre de la Défense qualifié de "remarquable" (0:15:15)
    Emmanuel Macron — rupture à son arrivée, accélération de la dette (0:15:15 – 1:13:07)
    Nicolas Sarkozy — réduction de 50 000 postes militaires, commentaire sur la justice (0:54:07 – 1:11:09)
    Jean-Pierre Raffarin / Dominique de Villepin — deux styles à Matignon (0:13:00)
    François Fillon — chef de cabinet militaire (0:14:31)
    Livres
    Servir — premier livre de de Villiers, écrit après sa démission en 2017 (0:20:32)
    Son nouveau livre (titre non précisé dans le transcript) — sur le redressement de la France (1:22:28)
    L'Archipel français de Jérôme Fourquet — cité sur les fractures intérieures (0:53:11)
    Le rôle social de l'officier — livre de chevet de de Villiers (1:15:55)
    Invités VLAN mentionnés
    Jean-Michel Valentin — géopolitique, programme Trump prévisible (0:37:07)
    Événements / concepts
    Bataclan, 13 novembre 2015 (0:27:13)
    Chute du Mur de Berlin, novembre 1989 (0:04:00)
    Guerre du Kosovo, juin 1999 (0:05:35)
    Forum "Quelle sécurité en Europe à l'aube du XXIe siècle ?" 1989-91 (0:04:00)
    Référendum européen français de 2005 (0:30:08)
    Article de Milton Friedman, 1970 (0:49:50)
    Étude sénatoriale sur les 210-220 milliards d'aides aux entreprises (1:16:57)
    TIMESTAMPS CLÉS
    0:00:00 — Introduction VLAN Présentation du format et de l'invité : un chef d'état-major pour parler de l'état du monde et de la France.
    0:02:25 — Parcours militaire De Saint-Cyr aux chars Leclerc, en passant par le Kosovo, Matignon et la démission. Une formation humaine autant que stratégique.
    0:19:24 — Avaler des couleuvres ou démissionner La tension éthique du haut fonctionnaire : loyauté vraie versus courtisanerie. Pourquoi "servir" est le plus beau mot de la langue française.
    0:22:26 — L'autorité vraie vs. le petit chef L'ordre exécuté avant d'être donné. Ce que les patrons et les politiques n'ont toujours pas compris sur le leadership.
    0:26:03 — Géopolitique mondiale : le monde tel qu'il est Retour des États-puissances, terrorisme islamiste, migrations, dérèglement climatique : les quatre facteurs de déstabilisation qu'il avait identifiés dès 2017.
    0:32:37 — Les États-Unis, partenaires adversaires De Gaulle avait compris. L'America First ne date pas de Trump. Pourquoi il faut mettre les bonnes lunettes plutôt que se bercer d'illusions.
    0:34:01 — L'anecdote Trump : quand il l'avait prédit à Hollande Un footing avec son homologue américain un an avant l'élection. Ce que le Quai d'Orsay n'avait pas vu venir.
    0:53:00 — Sommes-nous en train de rater les signaux de guerre ? Les quatre derniers présidents ont posé la même question naïve. Ce que la situation française rappelle dangereusement : 1869, 1910, 1935.
    1:00:07 — La guerre des drones et l'économie de guerre Le retour d'expérience Ukraine : des soldats qui ne peuvent plus sortir des tranchées. Pourquoi il faut réformer les procédures d'armement en mode Notre-Dame.
    1:07:01 — Remettre de l'ordre sans sacrifier la démocratie La comparaison avec les États-puissances. Le chaos démocratique français : remaniements permanents, élus déconnectés des territoires.
    1:13:07 — La dette, les trois pistes, et le courage qui manque 1 000 milliards de dettes sous Macron. Réforme sociale, remise au travail, réforme de l'État régalien : tout le monde sait, personne ne fait.
    1:18:47 — Ce qui lui donne espoir malgré tout Le génie français, la vocation de la France dans le monde, et la jeunesse qui a soif — à condition de lui parler aux tripes, pas aux gains de productivité.
    1:23:39 — La porte VLAN : claquer la porte au mensonge Dans une société du paraître, la vérité comme ligne de vie. Ce qu'il a transmis à ses six enfants.

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    📣 V­lan! présente Mlle Pitch ON AIR - S3 - #3 Bodynature : Précurseur des produits bio

    24/03/2026 | 29 min
    Retrouvez l’ensemble des épisodes du podcast Mlle Pitch ON AIR de Agence Mlle Pitch ici
    S3 - #3 Bodynature : Précurseur des produits bio

    Dans cet épisode de Mlle Pitch On Air, Magali Faget reçoit Olivier Guilbaud, dirigeant de Body Nature, spécialiste français des produits d’entretien, de cosmétiques et de bien-être à base de plantes.
    Ensemble, ils explorent la manière de conjuguer tradition et innovation associés au modèle de la vente directe, pour proposer une consommation à impact positif.
    Olivier Guilbaud a repris le flambeau, avec son frère, d'une entreprise familiale lancée par son père en 1972.
    Au micro de Magali, Olivier partage les coulisses et les valeurs qui animent Body Nature, notamment :
    La préservation de la biodiversité, le modèle unique de l'Écoparc de 160 hectares qui permet de maîtriser l’ensemble de la chaîne, du champ au flacon et le choix historique de la Vente à Domicile pour démocratiser les produits bio et créer du lien social.
    Un épisode essentiel pour tous ceux qui cherchent l'inspiration et les clés pour une consommation durable et un business à impact. Découvrez l'histoire d'une entreprise familiale qui prouve qu'il est possible d'agir au quotidien pour un futur plus vertueux.

    Mlle Pitch On Air, le podcast où Magali Faget donne la parole à ceux qui font bouger les lignes.


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  • Vlan!

    #387 Sommes nous prêts pour le retour à la guerre ? Avec le Général de Villiers (partie 1)

    24/03/2026 | 50 min
    Pierre de Villiers, général et ancien chef d'état-major des armées de France jusqu'en 2017, auteur notamment de Servir et d'un nouveau livre sur le redressement de la France intitulé ""pour le succès des armées de la France"
    J'ai une vraie fascination pour la culture militaire, cette culture du temps long, de la loyauté vraie et du sens du service — et c'est précisément ce que Pierre de Villiers incarne mieux que quiconque. Il a grandi dans une famille où le père avait fait cinq ans de captivité, il a commandé jusqu'à 80 chars Leclerc, il a côtoyé quatre présidents de la République en Conseil de défense, et il a eu le courage peu commun de démissionner publiquement plutôt que de se taire. Ce n'est pas l'invité habituel de VLAN, et c'est exactement pour ça que j'ai voulu l'avoir.
    Dans cet épisode, nous parlons de la situation géopolitique mondiale — le retour des États-puissances, la guerre en Ukraine, la relation ambiguë avec les États-Unis — mais aussi de l'état intérieur de la France : la désindustrialisation, la crise de l'autorité, le fossé entre gouvernants et gouvernés, la démographie, l'immigration, la dette. J'ai questionné le général de Villiers sur ce que signifie vraiment servir, sur pourquoi nos démocraties produisent des décisions courtes alors que les défis sont longs, et sur ce qui, malgré tout, lui donne de l'espoir.
    CITATIONS MARQUANTES
    « Les États-Unis sont des partenaires adversaires. Les États n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts. » — 0:32:52
    « La vraie autorité, c'est quand l'ordre a été exécuté avant d'être donné. » — 0:22:26
    « Il faut penser l'impensable. Et aujourd'hui, j'ai le sentiment qu'on repousse tout ça en se disant : ça ne sera pas pour nous. » — 0:53:00
    « 80% des Français sont d'accord sur les grandes mesures. Et 90% de ceux qui dirigent sont opposés à ces 80%. » — 1:16:06
    « Ces migrants, ils arrivent pour leur malheur, pas pour leur bonheur. Et toutes ces belles âmes qui se bouchent le nez à vélo à Paris — ça suffit. » — 0:43:20
    IDÉES CENTRALES
    1. Le retour de la guerre comme réalité, pas comme concept La guerre n'est pas une abstraction historique. De Villiers l'a vue en ex-Yougoslavie, il voit l'Ukraine perdre 1 000 hommes par jour. Ses préventions remontent à 2017 : les États-puissances réarmaient à 5-10% par an depuis quinze ans pendant que les démocraties européennes savouraient les dividendes de la paix. Ce que les politiques français refusent encore de voir ressemble trop à 1935 pour ne pas inquiéter. Pourquoi c'est important : ce n'est pas un discours belliciste, c'est un appel pragmatique à ne pas répéter l'aveuglement des années 30. Timestamp : 0:26:17 – 1:00:07
    2. L'autorité vraie versus l'autoritarisme L'ordre donné et exécuté avant d'avoir été dit : telle est la définition de de Villiers d'une autorité réussie. En France, la culture du pouvoir confond décision unilatérale et leadership. L'adhésion prime sur la contrainte ; la vraie loyauté consiste à dire la vérité à son chef, pas à lui plaire. Pourquoi c'est important : ce modèle interpelle autant les patrons d'entreprise que les responsables politiques. Timestamp : 0:21:41 – 0:22:26
    3. Le fossé entre gouvernants et gouvernés 80% des Français partagent un socle commun sur les grandes questions (sécurité, immigration, pouvoir d'achat, réarmement) ; 90% des dirigeants s'y opposent ou l'ignorent. Ce fossé explique à la fois l'abstention massive et les votes protestataires aux extrêmes, y compris l'élection de Trump lue comme un vote de rejet. Pourquoi c'est important : la démocratie ne se fracture pas par accident — elle se fracture par accumulation d'inattention. Timestamp : 0:25:06 – 1:16:57
    4. La mondialisation comme erreur fondamentale Désindustrialisation, chômage endémique, territoires vidés, dépendance stratégique : de Villiers relie directement la mondialisation heureuse à la fragilisation des nations. Il défend la coopération interétatique sur des projets souverains, pas une Europe fédérale qui, selon lui, se terminera en cauchemar. Pourquoi c'est important : la souveraineté industrielle est un enjeu de défense nationale autant qu'économique. Timestamp : 0:29:13 – 0:31:38
    5. Le sens du collectif comme antidote à l'individualisme L'armée et le football lui ont appris que les cohésions s'additionnent, ne s'opposent pas. La société de consommation a produit le tout-à-l'égo. Retrouver le sens du service — et l'enseigner à la jeunesse — est pour lui la condition d'un redressement moral avant d'être politique. Pourquoi c'est important : le problème français n'est pas d'abord budgétaire, il est civilisationnel. Timestamp : 0:50:16 – 0:52:51
    6. Trois pistes pour sortir de la crise budgétaire Réforme du modèle social (retraites, sécu), remise au travail de la France (l'un des pays OCDE qui travaille le moins), réforme de l'État régalien (faire moins mais faire ce pour quoi l'État existe). Ce n'est pas un programme partisan : tous les responsables politiques qu'il a fréquentés convergent sur ces trois pistes sans jamais les appliquer. Pourquoi c'est important : la lucidité sur les solutions rend l'inaction encore plus inexplicable. Timestamp : 1:13:07 – 1:15:55
    7. La jeunesse comme signal d'espoir Malgré le tableau sombre, de Villiers perçoit dans la jeunesse une soif authentique. Pas de valeurs fondatrices reçues, mais une demande réelle. Il faut leur parler aux tripes, pas à l'intelligence managériale — leur donner la gloire, l'honneur, l'amour des autres. Pourquoi c'est important : l'espérance n'est pas naïve si elle repose sur une observation directe du terrain. Timestamp : 1:20:33 – 1:22:19
    QUESTIONS POSÉES DANS L'INTERVIEW
    Pouvez-vous retracer les étapes qui vous ont conduit jusqu'à la tête de l'état-major des armées ? (0:02:25)
    Jusqu'où un haut fonctionnaire doit-il avaler des couleuvres avant de démissionner ? (0:19:24)
    Pourquoi le système politique produit-il des personnalités perçues comme médiocres, et est-ce vraiment une question de personnes ? (0:22:26)
    Le néolibéralisme et la financiarisation ont-ils dépossédé le politique de sa capacité à décider sur le long terme ? (0:25:06)
    Comment décririez-vous la situation géostratégique mondiale aujourd'hui — États-Unis, Russie, Chine ? (0:26:03)
    Les États-Unis sont-ils encore des alliés fiables pour la France et l'Europe ? (0:32:37)
    Comment avez-vous vécu l'élection de Trump en 2016, et l'avez-vous anticipée ? (0:34:01)
    Sommes-nous à l'aube d'une Troisième Guerre mondiale, ou a-t-elle déjà commencé ? (0:52:51)
    Comment remettre de l'ordre et restaurer l'autorité de l'État sans sacrifier la démocratie ? (1:07:01)
    Quels sont les trois signes qui, malgré tout, vous donnent de l'espoir pour la France ? (1:18:47)
    RÉFÉRENCES CITÉES DANS L'ÉPISODE
    Personnalités historiques
    De Gaulle — cité pour sa formule sur les intérêts des États et son rôle de "dernier vrai stratège français" (0:32:52)
    Napoléon — "La chance est la forme la plus élaborée de la compétence" (0:17:04)
    Clemenceau — "l'union sacrée" comme modèle de cohésion nationale (1:20:33)
    De Lattre de Tassigny — "l'amalgame" (1:20:33)
    Leclerc — le serment de Koufra (1:20:33)
    Soljenitsyne — discours de Harvard 1978 sur Le déclin du courage (0:24:40)
    Malraux — "Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas" (0:50:16)
    Chevènement — "un ministre, ça obéit ou ça ferme sa gueule ou ça démissionne" (0:19:42)
    Personnalités politiques contemporaines citées
    François Hollande — (0:15:15 – 0:20:55)
    Jean-Yves Le Drian — ministre de la Défense qualifié de "remarquable" (0:15:15)
    Emmanuel Macron — rupture à son arrivée, accélération de la dette (0:15:15 – 1:13:07)
    Nicolas Sarkozy — réduction de 50 000 postes militaires, commentaire sur la justice (0:54:07 – 1:11:09)
    Jean-Pierre Raffarin / Dominique de Villepin — deux styles à Matignon (0:13:00)
    François Fillon — chef de cabinet militaire (0:14:31)
    Livres
    Servir — premier livre de de Villiers, écrit après sa démission en 2017 (0:20:32)
    Son nouveau livre (titre non précisé dans le transcript) — sur le redressement de la France (1:22:28)
    L'Archipel français de Jérôme Fourquet — cité sur les fractures intérieures (0:53:11)
    Le rôle social de l'officier — livre de chevet de de Villiers (1:15:55)
    Invités VLAN mentionnés
    Jean-Michel Valentin — géopolitique, programme Trump prévisible (0:37:07)
    Événements / concepts
    Bataclan, 13 novembre 2015 (0:27:13)
    Chute du Mur de Berlin, novembre 1989 (0:04:00)
    Guerre du Kosovo, juin 1999 (0:05:35)
    Forum "Quelle sécurité en Europe à l'aube du XXIe siècle ?" 1989-91 (0:04:00)
    Référendum européen français de 2005 (0:30:08)
    Article de Milton Friedman, 1970 (0:49:50)
    Étude sénatoriale sur les 210-220 milliards d'aides aux entreprises (1:16:57)
    TIMESTAMPS CLÉS
    0:00:00 — Introduction VLAN Présentation du format et de l'invité : un chef d'état-major pour parler de l'état du monde et de la France.
    0:02:25 — Parcours militaire De Saint-Cyr aux chars Leclerc, en passant par le Kosovo, Matignon et la démission. Une formation humaine autant que stratégique.
    0:19:24 — Avaler des couleuvres ou démissionner La tension éthique du haut fonctionnaire : loyauté vraie versus courtisanerie. Pourquoi "servir" est le plus beau mot de la langue française.
    0:22:26 — L'autorité vraie vs. le petit chef L'ordre exécuté avant d'être donné. Ce que les patrons et les politiques n'ont toujours pas compris sur le leadership.
    0:26:03 — Géopolitique mondiale : le monde tel qu'il est Retour des États-puissances, terrorisme islamiste, migrations, dérèglement climatique : les quatre facteurs de déstabilisation qu'il avait identifiés dès 2017.
    0:32:37 — Les États-Unis, partenaires adversaires De Gaulle avait compris. L'America First ne date pas de Trump. Pourquoi il faut mettre les bonnes lunettes plutôt que se bercer d'illusions.
    0:34:01 — L'anecdote Trump : quand il l'avait prédit à Hollande Un footing avec son homologue américain un an avant l'élection. Ce que le Quai d'Orsay n'avait pas vu venir.
    0:53:00 — Sommes-nous en train de rater les signaux de guerre ? Les quatre derniers présidents ont posé la même question naïve. Ce que la situation française rappelle dangereusement : 1869, 1910, 1935.
    1:00:07 — La guerre des drones et l'économie de guerre Le retour d'expérience Ukraine : des soldats qui ne peuvent plus sortir des tranchées. Pourquoi il faut réformer les procédures d'armement en mode Notre-Dame.
    1:07:01 — Remettre de l'ordre sans sacrifier la démocratie La comparaison avec les États-puissances. Le chaos démocratique français : remaniements permanents, élus déconnectés des territoires.
    1:13:07 — La dette, les trois pistes, et le courage qui manque 1 000 milliards de dettes sous Macron. Réforme sociale, remise au travail, réforme de l'État régalien : tout le monde sait, personne ne fait.
    1:18:47 — Ce qui lui donne espoir malgré tout Le génie français, la vocation de la France dans le monde, et la jeunesse qui a soif — à condition de lui parler aux tripes, pas aux gains de productivité.
    1:23:39 — La porte VLAN : claquer la porte au mensonge Dans une société du paraître, la vérité comme ligne de vie. Ce qu'il a transmis à ses six enfants.

    Suggestion d'autres épisodes à écouter :
    #345 L'occident ne comprends plus le monde avec Pierre Haski (partie 1) (https://audmns.com/yGmnzUq)

    #312 Les défis géopolitiques d’un monde hors de contrôle avec Thomas Gomart (https://audmns.com/jscnrns)

    #376 Quelles stratégies pour reconstruire une France autonome et résiliente? Avec Arnaud Montebourg - Partie 1 (https://audmns.com/UxFQjUM)

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Generated: 3/31/2026 - 8:43:15 AM