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Cinéma : « Ce n'est pas l'argent de nos impôts mais du secteur lui-même qui finance le CNC » explique son président Gaëtan Bruel
06/08/2026 | 16 minDans cet épisode de "L'invité de la matinale", Pierre Pillet reçoit Gaëtan Bruel, le président du Centre National du Cinéma et de l'Image Animée (CNC). Ensemble, ils abordent les enjeux du cinéma français, de son financement et de sa fréquentation.
L'invité commence par rappeler le rôle et les missions du CNC, cet établissement public chargé de faire de la France un grand pays de cinéma et de création visuelle. Financé non pas par l'argent des contribuables mais par le secteur lui-même, le CNC joue un rôle essentiel pour soutenir la diversité de la production cinématographique française.
Il revient ensuite sur les excellents chiffres de fréquentation des salles de cinéma cet été, avec près de 17,5 millions d'entrées en juillet. Un résultat qui s'explique selon lui par le goût des Français pour le 7e art, favorisé par une offre diversifiée et une densité de salles de cinéma unique au monde. Il souligne également l'importance du programme 'Ma classe au cinéma', qui permet à 2 millions d'élèves chaque année de découvrir le cinéma dès le plus jeune âge.
Interrogé sur le financement du cinéma français, le président du CNC se félicite de l'accord historique conclu avec Canal+, qui restera le premier financeur privé du secteur avec près d'un milliard d'euros investis sur 5 ans. Une annonce qui a mis fin à une période de tensions, Gaëtan Bruel appelant à la fois à entendre les inquiétudes légitimes sur la concentration du secteur tout en rappelant le rôle essentiel joué par Canal+ dans la diversité de la production.
Enfin, il évoque le Sommet des Lumières que le CNC organise le 7 septembre prochain à Saint-Paul-de-Vence. L'objectif de cette rencontre internationale est de réunir les principales figures du cinéma, des séries et du jeu vidéo pour réfléchir ensemble aux enjeux de ces industries face à la concurrence de modèles 'low-cost' et à l'évolution des usages, notamment chez les jeunes générations.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.Incendies : « Aujourd'hui, même l'anticipation n'est plus suffisante compte tenu de la violence des phénomènes » alerte le lieutenant-colonel Nicolas Galand, secrétaire général de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France
05/08/2026 | 16 minDans cet épisode de "L'invité de la matinale", Pierre Pillet reçoit Nicolas Galand, le secrétaire général de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers. Ils abordent la situation inédite à laquelle font face les pompiers français face à la recrudescence des incendies, notamment en Gironde et dans le Var.
L'invité dresse un bilan alarmant de cette saison des feux, avec déjà plus de 110 000 hectares brûlés sur l'ensemble du territoire. Il craint que cette situation ne s'aggrave encore, les conditions météorologiques ne s'annonçant pas favorables dans les prochaines semaines. La mobilisation des pompiers, dont 80% sont des volontaires, est donc sans précédent.
Il revient sur les défis opérationnels auxquels sont confrontés les soldats du feu, entre la violence des phénomènes, la rapidité de propagation des incendies et la nécessité d'une coordination étroite avec les services météorologiques. Il souligne également le travail d'enquête mené par les équipes spécialisées pour déterminer les causes, parfois criminelles, de ces sinistres.
Au-delà de la lutte contre les flammes, Nicolas Galand évoque les autres missions assurées par les pompiers, notamment le secours à la personne, qui représentent la majorité de leurs interventions. Il dénonce un « dévoiement » de leur rôle, les pompiers étant trop souvent sollicités pour des missions qui ne relèvent pas de l'urgence.
Ce constat l'amène à évoquer les réflexions en cours sur la modernisation de la sécurité civile, avec un projet de loi attendu prochainement. Il souligne la nécessité de revaloriser le statut des sapeurs-pompiers, tant professionnels que volontaires, pour en préserver l'attractivité face aux défis actuels.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.Guerre au Moyen-Orient : « Pour avoir un résultat équitable dans une négociation, il doit y avoir une symétrie des rapports de force, or ce n'est pas le cas » selon Jean-Paul Chagnollaud, président honoraire de l'iReMMO et directeur de la Revue Confluence Méditerranée
04/08/2026 | 17 minDans ce nouvel épisode de "L'invité de la matinale", Pierre Pillet reçoit Jean-Paul Chagnollaud, président honoraire de l'iReMMO, directeur de la Revue Confluence Méditerranée et auteur avec Pierre Blanc de l’ « Atlas du Moyen-Orient » aux éditions Autrement.
Alors que des pourparlers se tiennent cette semaine à Rome entre Israël et le Liban sous l'égide des États-Unis, l'invité apporte un éclairage sans concession sur cette situation complexe. Spécialiste reconnu du Moyen-Orient, il décrypte les enjeux géopolitiques qui sous-tendent ces négociations, marquées par une profonde asymétrie entre les deux parties.
Il ne cache pas son scepticisme quant aux chances de succès de ces pourparlers. Selon lui, le Liban se trouve dans une position de grande faiblesse face à Israël, qui occupe toujours une partie de son territoire et dicte ses conditions.
L'expert explique que l'accord-cadre signé en juin entre les deux pays est « complètement asymétrique », imposant de lourdes obligations au Liban en échange d'engagements flous d'Israël. De plus, la destruction de nombreuses villes et villages du sud Liban par l'armée israélienne a profondément déséquilibré les rapports de force.
Au-delà de cet aspect, Jean-Paul Chagnollaud souligne que la question du Hezbollah, milice chiite liée à l'Iran, est au cœur du conflit. Selon lui, il est illusoire de penser pouvoir régler la situation libanaise sans s'attaquer au différend irano-américain, qui alimente les tensions depuis des décennies.
Il rappelle ainsi que le Hezbollah a été créé en 1982-1983 par l'Iran pour combattre l'occupation israélienne du Liban. Aujourd'hui encore, le groupe armé libanais agit sous l'influence de Téhéran, rendant toute résolution durable du conflit impossible sans un règlement préalable de la question iranienne.
Il estime également que la question palestinienne, source historique de déstabilisation au Liban, doit être prise en compte pour espérer une véritable pacification de la région. Selon lui, tant qu'un règlement équitable du conflit israélo-palestinien ne sera pas trouvé, les foyers de tensions perdureront.
Enfin, l'universitaire souligne que les enjeux électoraux de court terme, avec les élections législatives israéliennes fin octobre et les élections de mi-mandat américaines en novembre, risquent de pousser les dirigeants à durcir encore leur position, au détriment d'une recherche de compromis.
Malgré ce tableau pessimiste, Jean-Paul Chagnollaud n'en appelle pas moins à la recherche de solutions politiques durables, seules à même de mettre fin à un conflit qui dure depuis des décennies et de permettre une véritable stabilisation de la région.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.Incendies : « Notre vulnérabilité territoriale met des gens en danger, notamment les pompiers », selon la spécialiste Pauline Vilain-Carlotti, géographe spécialiste des incendies de forêt
03/08/2026 | 16 minDans cet épisode de "L'invité de la matinale", Pierre Pillet reçoit Pauline Vilain-Carlotti, géographe spécialiste des incendies de forêt et auteure de l'ouvrage "L'épreuve du feu, habiter autrement la terre". Ensemble, ils explorent les enjeux liés à la gestion des feux de forêt en France et les pistes pour mieux y faire face.
L'invitée commence par revenir sur le débat autour du terme "mégafeu", souvent utilisé pour qualifier les incendies de grande ampleur comme celui qui a ravagé 42 000 hectares en Gironde cette année. Elle explique que ce terme n'est pas vraiment adapté au contexte français, où les feux dépassant 10 000 hectares sont rares. En revanche, elle souligne que l'incendie girondin illustre bien la problématique des "feux convectifs", qui s'autonomisent et deviennent ingérables pour les pompiers.
La spécialiste insiste ensuite sur la nécessité de changer de regard sur le feu, en le considérant non plus uniquement comme un fléau, mais aussi comme un outil potentiellement bénéfique pour la gestion des espaces naturels. Elle évoque notamment les pratiques de "brûlage dirigé" développées aux États-Unis et dans certaines régions d'Europe méditerranéenne, qui permettent d'entretenir la végétation et de limiter la propagation des grands incendies.
Pauline Vilain-Carlotti pointe également les limites des dispositifs réglementaires actuels, comme l'Obligation Légale de Débroussaillement (OLD), qu'elle juge "intéressante mais inopérante". Selon elle, ces outils restent trop individuels et ne prennent pas suffisamment en compte les dynamiques collectives et territoriales. Elle plaide pour une meilleure intégration de la prévention des incendies dans l'aménagement du territoire, à travers notamment les Plans de prévention des risques d'incendie de forêt (PPRIF).
Au-delà des aspects techniques, elle insiste sur la nécessité d'un changement de paradigme dans notre rapport au feu. "Nous ne sommes ni dans la gestion ni dans l'anticipation mais dans la réaction", regrette-t-elle, soulignant que nos territoires restent trop vulnérables face à ce risque. Selon elle, il faudra apprendre à "vivre avec le feu" en réduisant cette vulnérabilité, par exemple en limitant l'urbanisation en zone forestière.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.ONU : Quelle place la musique occupe-t-elle dans les relations internationales ? Avec Frédéric Ramel, professeur en sciences politiques à Sciences Po Paris
31/07/2026 | 15 minDans ce nouvel épisode de "L'invité de la matinale", Fabien Albert reçoit Frédéric Ramel, professeur en sciences politiques à Sciences Po Paris et auteur de l'ouvrage "Une diplomatie du sensible : 10 œuvres musicales à l'ONU". Ensemble, ils explorent le rôle de la musique dans la diplomatie onusienne, un aspect méconnu mais essentiel de cette institution.
L'invité nous révèle comment, chaque 24 octobre pour l'anniversaire de l'ONU, un concert est organisé au siège de l'organisation à New York. Loin des discours officiels, cette tradition musicale nous en dit long sur la quête d'harmonie et d'universalité qui anime l'ONU. À travers le choix des œuvres et des interprètes, on découvre une institution qui cherche à se rapprocher des sociétés et du "sud global", au-delà du répertoire classique occidental.
Il revient notamment sur un moment marquant de cette histoire musicale de l'ONU : la création en 2001, quelques semaines après le 11-Septembre, de l'œuvre "Dosti" du groupe pakistanais Dosti. Un geste fort pour montrer que l'islam ne se résume pas au djihadisme et que la musique peut être un vecteur de dialogue interculturel.
Frédéric Ramel souligne également que ces concerts sont devenus un outil de soft power pour certains États, qui cherchent à promouvoir leur image sur la scène internationale. Mais au-delà de ces enjeux géopolitiques, la musique reste un langage universel, capable de transcender les clivages et de rassembler.
Alors que le concert de 2025 a malheureusement été annulé, l'invité nous livre ses espoirs pour l'élection du prochain secrétaire général, qui pourrait insuffler un nouveau souffle à cette tradition musicale de l'ONU.
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