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- « Toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. »
Cette célèbre introduction des aventures d’Astérix et Obélix est évidemment une fiction. Pourtant, elle rappelle un épisode historique bien réel : celui d’Uxellodunum, une forteresse gauloise qui résista jusqu’au bout aux armées de Jules César.
Nous sommes en 51 avant Jésus-Christ, un an après la terrible défaite de Vercingétorix à Alésia. La Gaule est presque entièrement soumise à Rome. Mais dans le sud-ouest de l’actuelle France, une dernière poche de résistance refuse de déposer les armes.
Son nom : Uxellodunum.
Il ne s’agit pas d’un simple village, mais d’un oppidum, autrement dit une place forte installée sur une hauteur et naturellement protégée par des falaises. Les archéologues situent aujourd’hui ce site au Puy d’Issolud, dans le département du Lot.
Deux chefs gaulois, Luctérios et Drappès, organisent cette résistance. Face à eux, les légions romaines entreprennent un siège. Mais la forteresse est difficile à prendre : les Gaulois disposent de réserves et surtout d’un accès à l’eau.
César comprend alors que la soif pourrait vaincre les défenseurs plus sûrement que ses soldats.
Il commence par interdire l’accès à la rivière, puis fait creuser des galeries souterraines pour détourner la source qui alimente la forteresse. L’eau vient à manquer. Les assiégés, persuadés que les dieux les abandonnent, finissent par capituler.
Mais la victoire romaine prend une tournure effroyable.
César décide d’épargner la vie des combattants, mais ordonne qu’on leur tranche les mains. Ces hommes mutilés sont ensuite relâchés pour servir d’avertissement à toute la Gaule : voilà ce qui attend ceux qui osent défier Rome.
Ce châtiment terrible est rapporté dans le huitième livre de La Guerre des Gaules, rédigé par Aulus Hirtius, un proche de César.
Uxellodunum marque ainsi l’un des derniers grands épisodes militaires de la conquête romaine de la Gaule.
Alors, s’agit-il vraiment du village d’Astérix ?
Pas exactement. Dans la bande dessinée créée par René Goscinny et Albert Uderzo en 1959, le village se trouve en Armorique, dans l’actuelle Bretagne. La commune d’Erquy, dans les Côtes-d’Armor, est souvent présentée comme une possible inspiration, notamment pour ses paysages côtiers.
En revanche, même si aucun lien direct avec les auteurs n’est établi, Uxellodunum rappelle incontestablement l’esprit d’Astérix : celui d’une poignée de Gaulois déterminés à résister à la puissance de Rome.
À une différence près : dans la réalité, il n’y avait ni potion magique, ni fin heureuse.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Tout commence en juillet 1969, pendant la mission spatiale Apollo 11. Après ses premiers pas sur le sol lunaire, Neil Armstrong prélève rapidement un peu de poussière et quelques fragments de roche. C’est un échantillon de secours. Oui, si les astronautes doivent repartir précipitamment, ils auront au moins rapporté quelque chose sur Terre.
Ensuite ces prélèvements sont placés dans un contenant spécial, lui-même protégé par un sac blanc muni d’une fermeture éclair, marqué « Lunar Sample Return ». Son rôle est notamment de limiter les risques de contamination. Et à l’intérieur resteront quelques grains de poussière lunaire.
Puis, après le retour d’Apollo 11, ce sac entre dans les collections de la NASA. Mais des années plus tard, il se retrouve au Cosmosphere, un musée spatial du Kansas, avant de disparaître.
Une enquête est diligentée, e elle révèle qu’un ancien responsable du musée, Max Ary, a détourné et revendu plusieurs objets liés à la conquête spatiale. Les autorités saisissent alors ses biens, dont le fameux sac. Seulement voilà : à cause d’une erreur d’inventaire, personne ne comprend qu’il provient d’Apollo 11. On le croit lié à une autre mission.
Il est alors mis aux enchères à plusieurs reprises. Mais il ne trouve d’abord aucun acheteur. Finalement, en février 2015, une collectionneuse américaine, Nancy Lee Carlson, l’emporte pour seulement 995 dollars.
Intriguée, elle l’expédie à la NASA pour faire authentifier les traces de poussière présentes à l’intérieur. Surprise : les analyses confirment non seulement leur origine lunaire, mais aussi le lien du sac avec la toute première mission habitée sur la Lune.
La NASA refuse alors de le rendre, estimant qu’un tel trésor historique doit rester propriété de l’État américain. Mais Nancy Carlson saisit la justice. Et en 2016, un juge lui donne raison : la vente, bien qu’organisée à la suite d’une erreur, lui a légalement transféré la propriété du sac.
Enfin, le 20 juillet 2017, exactement quarante-huit ans après le premier alunissage, le sac est vendu chez Sotheby’s, à New York, pour 1 812 500 dollars, frais compris.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Un homme manque de se noyer en essayant de nager. Une fois sauvé, il prend une grande décision : il ne retournera jamais dans l'eau… avant d'avoir appris à nager !
Cette blague pourrait parfaitement être racontée aujourd'hui. Pourtant, elle a environ 1 700 ans ! Elle figure dans le Philogelos, considéré comme le plus ancien recueil de blagues qui nous soit parvenu.
Son titre signifie, en grec ancien, « L'ami du rire ». Il contient environ 265 plaisanteries, certaines étonnamment modernes.
Mais d'où vient ce mystérieux ouvrage ?
Le Philogelos aurait été compilé entre le IIIe et le Ve siècle après Jésus-Christ. Sa date exacte reste discutée. Il est traditionnellement attribué à deux auteurs, Hiéroclès et Philagrios, dont nous ne savons pratiquement rien.
À cette époque, le monde méditerranéen est dominé par l'Empire romain, mais le grec demeure une langue très répandue dans sa partie orientale.
Or, contrairement à ce qu'on pourrait penser, les habitants de l'Antiquité adoraient déjà se raconter des histoires drôles. Certaines circulaient oralement depuis des générations, avant d'être rassemblées dans ce livre.
Et de quoi riaient-ils ?
Eh bien, souvent des mêmes choses que nous !
Le Philogelos se moque des médecins incompétents, des avares, des devins, des maris malheureux ou encore des intellectuels prétentieux.
Ces derniers sont d'ailleurs les principales victimes des plaisanteries. On les appelle les scholastikoi, des hommes instruits, mais tellement enfermés dans leurs raisonnements qu'ils en oublient le bon sens.
Voici un autre exemple.
Un intellectuel, qui manque cruellement d'argent, décide de vendre ses livres. Puis il écrit fièrement à son père : « Bonne nouvelle ! Je commence enfin à vivre de mes livres ! »
L'humour repose donc déjà sur les mêmes mécanismes qu'aujourd'hui : les malentendus, l'absurde, les jeux de mots et les situations ridicules.
Cependant, certaines plaisanteries nous semblent désormais cruelles ou incompréhensibles. Elles reposent sur des préjugés propres à la société antique.
Et c'est précisément ce qui rend le Philogelos si intéressant pour les historiens.
En effet, derrière ces blagues apparaissent les préoccupations de la vie quotidienne : l'argent, le mariage, la maladie, les relations sociales ou encore la réputation.
Une dernière précision : le Philogelos n'est pas nécessairement le premier livre de blagues jamais écrit. D'autres recueils existaient auparavant, mais ils ont disparu.
Il est simplement le plus ancien conservé.
Et il nous rappelle une chose fascinante : si les civilisations changent, notre goût pour le ridicule, lui, traverse les siècles.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - En 1559, le roi de France Henri II meurt après avoir reçu un éclat de lance dans l'œil, lors d'un tournoi. Or, quatre ans plus tôt, un certain Nostradamus avait publié un mystérieux poème évoquant un jeune lion qui vaincrait un vieux lion et lui percerait les yeux. Pour certains, c'est la preuve que cet homme était capable de prédire l'avenir. Mais est-ce vraiment le cas ?
Pour le comprendre, il faut d'abord savoir qui était Nostradamus.
De son vrai nom Michel de Nostredame, il naît en 1503 à Saint-Rémy-de-Provence. Contrairement à l'image du vieux sorcier qu'on lui associe parfois, il est d'abord un homme de médecine. Il parcourt notamment le sud de la France pour soigner les malades, particulièrement lors des épidémies de peste.
Mais Nostradamus se passionne également pour l'astrologie. À cette époque, on considère encore que la position des planètes peut influencer le destin des hommes.
En 1555, il publie son ouvrage le plus célèbre : Les Prophéties. Ce livre contient des centaines de quatrains, de courts poèmes de quatre vers, censés annoncer des événements futurs.
Seulement voilà : ces textes sont extraordinairement obscurs. Nostradamus emploie des métaphores, mélange plusieurs langues et ne donne presque jamais de dates précises.
C'est justement ce qui fait leur force.
Prenons l'exemple de la mort d'Henri II. Le fameux quatrain évoque effectivement deux lions et une blessure aux yeux. Mais il ne mentionne ni le nom du roi, ni la France, ni l'année 1559. Son rapprochement avec l'accident royal repose donc sur une interprétation réalisée après les faits.
Et c'est tout le problème des prophéties de Nostradamus.
Au fil des siècles, certains ont cru y reconnaître l'annonce de la Révolution française, de l'ascension d'Hitler ou encore des attentats du 11 septembre. Mais ces interprétations reposent généralement sur des ressemblances vagues, parfois même sur des textes qui ne sont pas authentiques.
Les historiens soulignent ainsi qu'aucune méthode rigoureuse n'a permis de démontrer que Nostradamus avait réellement annoncé ces événements à l'avance.
Pourtant, de son vivant, sa réputation est déjà considérable. Il attire notamment l'attention de Catherine de Médicis et devient médecin du roi Charles IX.
Il meurt en 1566, à Salon-de-Provence.
Alors, Nostradamus pouvait-il prédire l'avenir ? Rien ne le prouve. Son véritable talent était peut-être ailleurs : écrire des textes suffisamment mystérieux pour que chaque génération puisse y reconnaître les événements de son époque.
Et c'est précisément ce qui explique pourquoi, près de cinq siècles après sa mort, on parle encore de lui.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Vous connaissez certainement le long cou des girafes. Mais savez-vous qu’elles possèdent une autre particularité étonnante ? Leur langue est bleue, parfois violette, voire presque noire. Et cette couleur inhabituelle pourrait bien leur servir de protection contre un ennemi invisible : le soleil.
Pour comprendre, intéressons-nous d’abord à la manière dont les girafes se nourrissent.
Dans les savanes africaines, elles passent une grande partie de leur journée à manger les feuilles des arbres, notamment celles des acacias. Grâce à leur immense cou, elles peuvent atteindre des branches situées à plusieurs mètres du sol. Mais leur véritable outil de précision, c’est leur langue.
Celle-ci mesure entre 45 et 50 centimètres, soit presque la longueur d’un avant-bras ! Elle est également préhensile, ce qui signifie qu’elle peut saisir des objets, un peu comme une main. La girafe l’enroule autour des branches pour attraper les feuilles, même lorsqu’elles sont entourées d’épines.
Mais revenons à sa couleur.
Cette teinte sombre s’explique par la présence d’une importante quantité de mélanine, un pigment que nous possédons également dans notre peau et nos cheveux.
Chez l’être humain, la mélanine joue notamment un rôle protecteur contre les rayons ultraviolets du soleil. Plus une peau contient de mélanine, plus elle est naturellement protégée contre certains effets de ces rayonnements.
Les scientifiques pensent que le même mécanisme pourrait expliquer la couleur de la langue des girafes.
Car contrairement à la plupart des mammifères, qui gardent leur langue à l’intérieur de leur bouche, les girafes l’exposent régulièrement au soleil pendant leurs longues séances d’alimentation.
Sa pigmentation foncée agirait donc comme une sorte de crème solaire naturelle, limitant les dommages provoqués par les ultraviolets.
Un détail renforce cette hypothèse : seule la partie antérieure de la langue est très foncée. Sa base, qui reste généralement à l’abri dans la bouche, est beaucoup plus rose.
Attention cependant : cette explication, bien que plausible, n’est pas définitivement démontrée.
D'ailleurs, l’okapi, proche cousin de la girafe, possède lui aussi une langue sombre, alors qu’il vit dans les forêts tropicales, largement protégées du soleil.
Cette particularité pourrait donc également être un héritage évolutif partagé par les deux espèces.
Quoi qu’il en soit, la langue des girafes constitue un formidable exemple d’adaptation animale.
Longue, musclée, extrêmement mobile et peut-être naturellement protégée du soleil, elle est bien davantage qu’un simple organe du goût : c’est un véritable outil de survie.
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