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Choses à Savoir HISTOIRE

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  • Choses à Savoir HISTOIRE

    Comment Vitellius a-t-il réussi à se faire détester en seulement huit mois ?

    24/09/2026 | 2 min
    En l’an 69 après Jésus-Christ, Rome traverse l’une des périodes les plus chaotiques de son histoire : « l’année des quatre empereurs ». En quelques mois, Galba, Othon, Vitellius puis Vespasien se disputent le pouvoir. Parmi eux, Vitellius va laisser une réputation particulièrement désastreuse.

    Lorsqu’il devient empereur, Vitellius n’a pas été choisi par le peuple romain ni véritablement par le Sénat. Gouverneur de Germanie inférieure, il est proclamé empereur par ses légions au début de l’année 69. Ses troupes marchent alors sur l’Italie et affrontent celles de l’empereur Othon. Après leur victoire à la première bataille de Bedriacum, Othon se suicide et Vitellius devient maître de Rome.

    Mais son arrivée commence mal.

    Les soldats qui l’ont porté au pouvoir sont réputés turbulents et difficiles à contrôler. Vitellius apparaît donc rapidement comme un empereur dépendant de son armée. Il remplace notamment une partie de la garde prétorienne par des hommes qui lui sont fidèles, ce qui alimente les rancœurs.

    Surtout, les auteurs antiques dressent de lui le portrait d’un homme incroyablement glouton et dépensier.

    Suétone affirme qu’il pouvait participer à quatre banquets dans une même journée. On lui attribue même un plat gigantesque surnommé le « Bouclier de Minerve », composé de mets extravagants : foies de poissons, cervelles de paons, langues de flamants roses ou encore entrailles de lamproies.

    Dans un Empire tout juste ravagé par une guerre civile, cette démonstration de luxe fait évidemment mauvais effet.

    Vitellius est également accusé de cruauté. Suétone raconte qu’il faisait condamner des hommes pour des motifs parfois dérisoires. Là encore, prudence : les historiens qui racontent son règne écrivent après sa défaite, sous une dynastie fondée par son adversaire Vespasien. Son portrait a donc probablement été noirci.

    Mais Vitellius commet surtout une erreur politique majeure : il ne parvient pas à stabiliser l’Empire.

    Dès l’été 69, les légions d’Orient proclament Vespasien empereur. Puis les armées du Danube se rallient à lui et marchent sur l’Italie. Vitellius perd progressivement tout contrôle de la situation.

    En décembre, Rome devient elle-même un champ de bataille. Le Capitole est incendié lors des combats. Les partisans de Vespasien prennent finalement la ville.

    Vitellius tente de se cacher, mais il est découvert, traîné dans les rues, humilié puis tué.

    Il n’aura régné qu’environ huit mois.

    Son destin illustre parfaitement une règle brutale de la Rome impériale : être proclamé empereur par une armée pouvait vous donner le pouvoir très rapidement… mais certainement pas vous garantir de le conserver.
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  • Choses à Savoir HISTOIRE

    Qui étaient les Golden Thirteen ?

    23/09/2026 | 2 min
    En 1944, près de 100 000 Afro-Américains servent dans la marine américaine. Pourtant, aucun n’est encore officier. La Navy reste alors profondément ségrégée, et une partie de sa hiérarchie doute ouvertement que des marins noirs puissent exercer des fonctions de commandement. C’est dans ce contexte que va naître le groupe surnommé plus tard les Golden Thirteen.

    En janvier 1944, 16 marins afro-américains sont sélectionnés pour suivre une formation d’officier au centre naval de Great Lakes, près de Chicago. Premier obstacle : alors que la formation habituelle dure environ 16 semaines, ils doivent assimiler le programme en seulement huit semaines. Les candidats ont le sentiment qu’on leur impose volontairement des conditions particulièrement difficiles.

    Ils décident alors de fonctionner comme une véritable équipe. Après l’extinction des lumières, ils continuent à étudier ensemble, parfois à la lampe torche. Ceux qui maîtrisent mieux certaines matières enseignent aux autres.

    Le résultat est spectaculaire : les 16 réussissent.

    Mieux encore, leurs notes sont tellement élevées que certains responsables à Washington soupçonnent une fraude. Une partie des examens leur est donc imposée une seconde fois.

    Et ils réussissent encore.

    La promotion obtient finalement une moyenne de 3,89 sur 4, un résultat exceptionnel, supérieur à celui habituellement observé dans les autres promotions d’officiers.

    Mais l’histoire prend alors une tournure révélatrice. Malgré la réussite des seize hommes, seuls douze deviennent enseignes de vaisseau. Un treizième, Charles B. Lear, est nommé warrant officer, un autre statut d’officier. Les trois derniers retournent dans les rangs des simples marins.

    Aucune explication officielle claire ne leur est donnée.

    Certains historiens ont avancé que la Navy ne voulait pas afficher un taux de réussite de 100 % pour cette première promotion noire, supérieur à celui des promotions blanches. Cette interprétation reste discutée, mais elle illustre le climat de l’époque.

    Ces treize hommes deviendront les Golden Thirteen, les premiers officiers noirs de l’histoire moderne de l’US Navy.

    Leur réussite représente bien plus qu’un simple succès scolaire. Elle démontre, au sein même d’une institution encore ségrégée, que les préjugés raciaux sur les capacités de commandement ne reposaient sur rien de concret.

    Quatre ans plus tard, en 1948, le président Harry Truman ordonnera officiellement la déségrégation des forces armées américaines.
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  • Choses à Savoir HISTOIRE

    Pourquoi 1607 reste-t-elle une date clé dans l’histoire des États-Unis ?

    22/09/2026 | 2 min
    Quand on pense aux grandes dates de l’histoire des États-Unis, 1776 vient immédiatement à l’esprit : c’est l’année de la Déclaration d’indépendance. Pourtant, une autre date est fondamentale pour comprendre la naissance du pays : 1607.
    Cette année-là, les Anglais fondent Jamestown, en Virginie, première implantation anglaise durable sur le territoire des futurs États-Unis.
    L’aventure commence quelques mois plus tôt. En décembre 1606, la Virginia Company of London, une compagnie commerciale bénéficiant d’une autorisation du roi Jacques Ier, envoie trois navires vers l’Amérique du Nord : le Susan Constant, le Godspeed et le Discovery. À leur bord se trouvent environ 105 colons, accompagnés de plusieurs dizaines de marins.
    Après une traversée de plusieurs mois, l’expédition atteint la baie de Chesapeake au printemps 1607. Les colons remontent une rivière qu’ils baptisent James River en l’honneur du roi et établissent, le 14 mai, une petite fortification : Jamestown.
    Le début est catastrophique.
    Les colons ont choisi un terrain marécageux, insalubre et pauvre en eau potable. Beaucoup ne sont pas préparés au travail agricole. Les maladies, la faim et les conflits avec les populations autochtones provoquent une mortalité considérable.
    Pendant l’hiver 1609-1610, surnommé le « Starving Time », la famine est si grave que seuls quelques dizaines de colons survivent.
    Jamestown aurait donc parfaitement pu disparaître. Mais la colonie finit par se stabiliser grâce notamment à la culture du tabac. À partir des années 1610, celui-ci devient une véritable richesse d’exportation vers l’Europe. Des milliers d’Anglais traversent alors l’Atlantique pour tenter leur chance en Virginie.
    Jamestown est également importante pour une autre raison. En 1619, une assemblée représentative, la House of Burgesses, y est créée. Elle est souvent considérée comme l’un des premiers jalons de la tradition parlementaire des futures colonies britanniques d’Amérique.
    Mais 1619 marque aussi un tournant beaucoup plus sombre : des Africains captifs arrivent en Virginie. Au cours des décennies suivantes, l’esclavage va progressivement devenir un élément central de l’économie coloniale.
    Ainsi, 1607 ne correspond pas à la « découverte » de l’Amérique ni au début de son peuplement. Des peuples autochtones y vivaient depuis des milliers d’années, et les Espagnols avaient déjà fondé Saint Augustine, en Floride, en 1565.
    Mais 1607 marque le véritable début de l’implantation anglaise permanente en Amérique du Nord.
    Et c’est de ces colonies anglaises que naîtront, près de 170 ans plus tard, les États-Unis d’Amérique.
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  • Choses à Savoir HISTOIRE

    Pourquoi l’affaire Lizzie Borden fascine-t-elle encore 134 ans plus tard ?

    21/09/2026 | 2 min
    Le 4 août 1892, dans la petite ville industrielle de Fall River, dans le Massachusetts, un double meurtre particulièrement violent va donner naissance à l’une des affaires criminelles les plus célèbres de l’histoire américaine.

    Ce matin-là, Andrew Borden, 69 ans, est retrouvé mort sur le canapé de son salon. Son visage a été frappé à de nombreuses reprises avec une arme ressemblant à une hachette. Peu après, on découvre à l’étage le corps de son épouse, Abby Borden, tuée elle aussi à coups de hachette. Les médecins estiment qu’elle est morte environ une heure et demie avant son mari.

    Très vite, les soupçons se tournent vers Lizzie Borden, 32 ans, fille d’Andrew et belle-fille d’Abby.

    Pourquoi elle ?

    D’abord parce qu’elle se trouvait dans la maison au moment des faits. Son récit de ses déplacements comporte également plusieurs contradictions. Surtout, personne n’avait apparemment vu un inconnu entrer ou sortir de la propriété, alors que les deux meurtres avaient eu lieu en pleine journée.

    Les enquêteurs découvrent aussi des tensions familiales. Andrew Borden était un homme très riche, mais réputé extrêmement économe. Lizzie et sa sœur Emma auraient notamment mal vécu certaines décisions financières de leur père au bénéfice de la famille de leur belle-mère.

    Autre élément troublant : une employée d’une pharmacie affirme que Lizzie aurait tenté d’acheter de l’acide prussique, un poison violent, la veille des meurtres. Quelques jours après le crime, Lizzie est également vue en train de brûler une robe. Elle explique qu’elle était simplement tachée de peinture.

    Lizzie est finalement arrêtée puis jugée en juin 1893.

    Mais l’accusation rencontre un problème majeur : il n’existe aucune preuve matérielle décisive. Aucun témoin n’a vu Lizzie commettre les meurtres, aucune arme ne peut être reliée formellement au crime, et plusieurs éléments importants sont écartés du procès.

    Après environ une heure de délibération, le jury, composé uniquement d’hommes, la déclare non coupable.

    Lizzie Borden est donc acquittée. Et juridiquement, l’affaire reste non résolue.

    Mais dans l’opinion publique, le doute ne disparaît jamais.

    Une comptine macabre va même rendre Lizzie immortelle dans la culture populaire, en affirmant qu’elle aurait donné « quarante coups » à sa belle-mère puis « quarante-et-un » à son père. Les nombres sont faux : Abby aurait reçu environ 19 coups et Andrew 10 ou 11.

    Lizzie Borden mourra en 1927 sans avoir jamais avoué.

    Et 134 ans après les meurtres, le mystère demeure : si Lizzie n’était pas la meurtrière, alors qui a tué Andrew et Abby Borden ? C’est précisément cette absence de réponse définitive qui continue de faire de l’affaire l’un des plus célèbres mystères criminels américains.
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    Et si l’un des tout premiers souverains de l’Égypte antique avait été… une femme ?

    18/09/2026 | 2 min
    Son nom est Merneith, ou Meretneith. Elle vivait il y a plus de 5 000 ans, autour de 3000 avant notre ère, pendant la première dynastie égyptienne. Soit environ trois millénaires avant Cléopâtre.
    Depuis plus d’un siècle, son véritable statut intrigue les égyptologues.
    Nous savons que Merneith appartient à la famille royale. Elle est notamment la mère du roi Den et probablement l’épouse de son prédécesseur, Djet. Surtout, elle possède à Abydos quelque chose d’extraordinaire : sa propre tombe au cœur de la nécropole réservée aux souverains. Par ses dimensions et son organisation, elle ressemble aux sépultures des rois qui l’entourent. Un honneur exceptionnel pour une femme de cette époque.
    Son nom apparaît également sur des sceaux royaux. Sur l’un d’eux, découvert dans la tombe de Den, Merneith figure même au milieu d’une succession de souverains.
    Les historiens en ont donc longtemps conclu qu’elle avait exercé le pouvoir, probablement comme régente lorsque son fils était encore trop jeune pour gouverner.
    Mais était-elle seulement la gardienne temporaire du trône ? Ou avait-elle véritablement été considérée comme un souverain à part entière ?
    C’est là qu’intervient une étonnante archive conservée à Londres.
    Dans les années 1940, l’égyptologue britannique Walter Emery avait photographié des empreintes hiéroglyphiques découvertes sur des bouchons d’argile à Saqqarah. L’objet original a depuis disparu, tout comme le négatif photographique. Mais une photographie en noir et blanc avait été conservée dans les archives de l’Egypt Exploration Society.
    Sur cette image très difficile à lire apparaissent plusieurs « serekhs ». Le serekh est un cadre rectangulaire contenant le nom d’un souverain : à cette époque, c’est l’un des principaux symboles de la royauté.
    En 2026, les chercheuses Sue Kelly et Crystal Miller ont repris cette vieille photographie et l’ont retraitée numériquement : augmentation du contraste, isolation des hiéroglyphes et reconstruction vectorielle.
    Résultat : selon elles, deux des serekhs contiennent bien les signes correspondant au nom de Merneith. Ce serait donc une preuve supplémentaire qu’elle a bénéficié d’un symbole normalement réservé aux souverains.
    Le mystère n’est pas totalement clos : déterminer exactement quand et comment elle gouverna reste difficile.
    Mais cette photographie oubliée renforce considérablement une hypothèse fascinante : aux tout débuts de l’histoire égyptienne, une femme aurait pu exercer le pouvoir royal au même titre qu’un roi.
    Bien avant Hatchepsout. Et près de trois mille ans avant Cléopâtre.
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