On parle souvent d’un monde multipolaire, de rivalités de puissances, de retour de la guerre. Mais derrière les chars, les sanctions ou les routes commerciales, il y a autre chose. Cette autre chose, ce sont des récits. Des récits sur l’histoire, sur les valeurs, sur ce qui est juste ou légitime. Aujourd’hui, les grandes puissances ne s’opposent pas seulement par la force, mais par des visions du monde concurrentes.
Quelles contestations, ces récits expriment-ils au-delà des catégorisations simplistes qui opposent le « Sud global » à l’ « Occident » ? Comment ces discours ont-ils évolué ? Nous sommes entrés dans un monde où il n’existe plus de grand récit dominant, mais plusieurs visions concurrentes de l’histoire, du progrès et de la justice. Comprendre ces récits, c’est se donner les moyens de comprendre pourquoi le monde se fracture et pourquoi il devient si difficile de se mettre d’accord sur le sens même des mots : paix, droit, liberté, souveraineté. Sommes-nous entrés dans une guerre des récits civilisationnels ?
Invitées :
Delphine Alles, professeure des Universités en Sciences politique, vice-présidente de l’INALCO et directrice scientifique du programme DÉCRIPT. « La part des dieux : religion et relations internationales », CNRS éditions et à paraitre début mars 2026, avec Bertrand Badie et Stéphane Paquin : « Les mots du nouveau monde », CNRS éditions
Louise Beaumais, post-doctorante du programme DÉCRIPT, associée au Laboratoire CESSMA, Centre d’Études en Sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques. Louise Beaumais qui a co-dirigé avec le collectif du projet DataWar « Quantifying international conflicts. Data on war or Data for War », éd. Springer.
Émission en partenariat avec l'INALCO, l'Institut des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformation du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale.