Il y a des secteurs où l’Afrique a une influence considérable et brille dans le monde entier, c’est le cas de la musique, nous allons y venir… Et d’autres où elle n’est pas ou peu présente… C’est le cas des Jeux olympiques d’hiver qui se déroulent en ce moment en Italie. Le Monde Afrique se penche sur la question, avec ce titre : « L’Afrique, anneau invisible des JO d’hiver. »
Certes, pointe le journal, « aride, tropical, équatorial, exceptionnellement tempéré… Le climat, en Afrique, n'est pas vraiment propice aux sports d’hiver. Le continent manque de neige, de glace, mais aussi d’infrastructures et, donc, d’athlètes à envoyer à la grande fête hivernale qui se tient tous les quatre ans depuis 1924. Aux Jeux olympiques de Milan-Cortina d’Ampezzo, ils sont quinze à représenter l'Afrique, sur les quelque 2 900 en lice. Soit à peine 0,5%. Avec huit nations engagées – dont l’Afrique du Sud, le Maroc, le Bénin, l'Érythrée ou le Nigeria.
À lire aussiL'Afrique, un continent représenté aux JO d'hiver depuis 1960
Quel universalisme ?
« Si cette absence s’explique aisément, elle pose néanmoins, pointe Le Monde Afrique, la question des limites de l’universalisme promu par le CIO, le Comité international olympique. "Le mouvement olympique met en avant son pouvoir d’unir le monde. Or, les JO d’hiver ne sont pas des Jeux équitablement accessibles, ils sont réservés à une petite partie de l’Occident enneigée et à une élite sociale", souligne Michaël Attali, historien du sport à l’université Rennes-II.
Une réalité que Lamine Guèye dénonce depuis des décennies, relève encore Le Monde Afrique. Le président de la Fédération sénégalaise de ski (…) se déclare "en guerre contre le CIO". Lamine Guèye, premier skieur "noir", comme il dit, aux Jeux de Sarajevo en 1984, explique que les critères de qualification sont devenus si exigeants que seuls les meilleurs mondiaux sont concernés. Conséquence, poursuit-il : "Le CIO a invisibilisé l’Afrique et les autres petites nations en réduisant le nombre de participants dans chaque épreuve pour proposer un spectacle de classe mondiale. Moi, je plaide pour revoir ces critères et permettre à l’Afrique d’être plus présente, cela n’altérerait en rien le spectacle, au contraire". »
À lire aussiL'Afrique du Sud veut organiser les JO de 2036 ou 2040
L’Afrique, mère musicale…
A contrario, donc, s’il y a un domaine où l’Afrique est de plus en plus présente et influente, c’est la musique… Et le phénomène est particulièrement palpable en France. Illustration avec cette couverture du magazine musical américain Bilboard, où l’on voit la chanteuse d’origine congolaise Théodora, avec un bébé dans chaque bras et ce titre : « Théodora, mère du nouveau son français. »
En effet, « depuis plus de deux décennies, relève Afrik.com, l’Afrique irrigue en profondeur la création musicale en France. Mais jamais cette influence n’a été aussi visible, assumée et reconnue. Et on le verra lors des Victoires de la Musique 2026 dont la 41e cérémonie se déroulera vendredi soir. Derrière la diversité des genres – pop, rap, électro, R&B ou musiques hybrides – se dessine une réalité claire, pointe encore le site panafricain : la musique française contemporaine se construit largement à partir de trajectoires africaines ou diasporiques.
De la pop, au rap en passant par l’électro…
L’exemple le plus emblématique reste Aya Nakamura. Née à Bamako, devenue l’artiste francophone la plus écoutée au monde, elle incarne une rupture profonde, affirme Afrik.com : une pop mondialisée, nourrie de références africaines, affranchie des codes traditionnels de la chanson française, mais pleinement intégrée à son industrie. Autre signal fort : la reconnaissance massive (donc) de Theodora, artiste franco-congolaise multi-nommée. (…) Cette dynamique traverse aussi le rap français, avec des artistes comme Disiz, (de père sénégalais) dont le parcours témoigne d’une maturation artistique où l’identité, la mémoire et la transmission deviennent des moteurs créatifs majeurs. Même constat dans l’électro, avec la star franco-algérienne DJ Snake. »
Enfin, toujours dans le domaine musical, Le Point Afrique note la sortie en salles en France hier du film Amadou et Mariam, sons du Mali : « Un film tourné entre 2021 et 2023 par le Canadien Ryan Marley et qui retrace le parcours singulier, intime et politique, où les voix, les rythmes et les silences du duo mythique disent le Mali autant qu’ils racontent un couple. (…) Ce film sortira également dans une quinzaine de pays d’Afrique francophone, notamment au Sénégal, au Mali, en Côte d’Ivoire et au Cameroun. »