Revue de presse Afrique

Último episodio
368 episodios
- L'ancien président sénégalais a retiré sa candidature ce samedi, « au lendemain du sixième vote indicatif au sein du Conseil de Sécurité », rappelle Jeune Afrique. « La veille, poursuit le journal, le candidat sénégalais était apparu d’autant plus fragilisé – avec seulement 5 votes favorables sur 15 voix – qu’il s’est par ailleurs retrouvé sous la menace de trois veto potentiels émanant des membres permanents du Conseil ».
« Un tour indicatif défavorable, un Conseil de sécurité verrouillé par cinq puissances, un appui de Dakar arrivé sur le tard. Selon Saourou Sène, porte-parole de l'APR, l'ancien président a jugé l'addition trop lourde ». Ce proche de l'ex-chef de l'État, « a livré la lecture de son camp sur cet échec » dans les colonnes de Seneplus.
Pour lui, « l'explication se trouve d'abord dans l'architecture même de l'institution. Il voit dans le droit de veto des membres permanents le talon d'Achille de l'ONU. Les votes indicatifs suivis tout au long du processus laissaient selon lui présager des difficultés. Le responsable du parti de l'ancien président désigne aussi un obstacle plus domestique. Il rappelle le temps mis par les autorités sénégalaises avant d'accorder leur soutien à la candidature, longtemps réticentes à porter le dossier de l'ancien président ».
Un soutien tardif de Dakar
Macky Sall a reçu le soutien du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye au mois de juillet, rappelle Africa News. « Soutenue initialement par le Burundi, la candidature de Macky Sall suscitait des oppositions dans son propre pays. L’ancien chef de l’État (...), est notamment accusé par ses détracteurs d’avoir dissimulé une partie de la dette publique. Des victimes de la répression des manifestations survenues entre 2021 et 2024 s’étaient également opposées à sa candidature ».
Même constat en Guinée, où le retrait de Macky Sall est vu comme « un moindre mal ». « L’ancien président sénégalais a fini par se rendre à l’évidence : il n’avait aucune chance d’être élu au poste de secrétaire général des Nations unies, estime pour sa part Le Djely, si sa candidature a eu du mal à fédérer, c’est en grande partie à cause de l’image que certains gardent de sa gestion du pouvoir. Il serait excessif d’expliquer son échec par son seul bilan. Mais beaucoup ne lui pardonnent pas d’avoir failli faire basculer le Sénégal : sa tentation d’un troisième mandat, ses manœuvres pour rester au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle, tout cela, certains ne l’ont pas oublié ». « Avec de telles casseroles, juge le Djely, certains n’ont pas jugé qu’il était à l’honneur de l’Afrique de le placer à la tête de l’ONU. Et ils n’ont pas forcément tort ».
Néanmoins, le média tempère cette décision : « Au fond, Macky Sall pourrait lui-même relativiser son échec. Car, dans le monde actuel, y a-t-il vraiment un honneur à diriger l’ONU ? Pas franchement. L’organisation n’est plus qu’une coquille. Privée du soutien, de l’autorité, de la confiance et des ressources des grandes puissances, elle sonne creux et crie dans le vide. On se demande alors pourquoi certains se battent pour en prendre la tête ».
Coup d'envoi de la COP 17 sur la biodiversité en Arménie
Près de 200 pays sont réunis pour relancer les efforts en faveur de la protection du vivant, et l'Algérie compte bien en faire partie, raconte Le Jeune Indépendant. Dans un discours lu en son nom à la COP 17, le président algérien « a détaillé les mesures prises par l’Algérie pour préserver sa richesse faunistique et floristique face aux menaces liées notamment aux activités humaines, à la désertification, aux incendies de forêt et au changement climatique ». Il a notamment évoqué « le Barrage vert, relancé sur presque 5 millions d’hectares, qui vise à freiner l’avancée des sables, à renforcer le couvert végétal et forestier et à générer des retombées économiques pour les populations locales ».
« Le chef de l’État démontre qu’en matière de préoccupation écologique, l’Algérie est pionnière », estime de son côté l'Expression. Autre prise de parole du dirigeant, l'appel à « une solidarité internationale renforcée, notamment en faveur des pays en développement ». Un appel déjà lancé par ces pays, souvent les plus durement touchés par le réchauffement climatique, mais qui, selon l'Expression, se heurtent aux « promesses des pays développés, à ce jour, pas encore tenues ». - « Où sont passés les 700 millions de dollars annoncés par les donateurs internationaux pour la lutte contre Ebola en République démocratique du Congo ? » La question est à la Une du Journal de Kinshasa, et elle a été posée publiquement mercredi par le Dr Jean Kaseya, le directeur du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).
« Cette question met en lumière, estime le journal congolais, les difficultés à établir une traçabilité complète des financements mobilisés pour répondre à cette urgence sanitaire (Ebola). » En effet, comme le souligne Afrik.com, « sur les chiffres communiqués par les donateurs, 962 millions de dollars ont été décaissés au profit des partenaires chargés de mettre en œuvre les interventions. Pourtant, lors d’un exercice de vérification organisé avec les autorités sanitaires congolaises, un peu plus de 200 millions de dollars seulement ont pu être retracés ».
« Pour autant, ajoute le média panafricain, les montants non retracés ne signifient pas automatiquement que l’argent a été détourné. Des vérifications indépendantes devront établir s’il s’agit de dépenses non déclarées, de retards de justification, de fonds encore disponibles ou d’éventuelles irrégularités ».
Deuxième épidémie
La RDC est confrontée au virus Ebola mais aussi à un autre fléau, le choléra. C’est à la Une d’APA News qui titre : « En RDC, le choléra gagne du terrain ». « Entre le 21 et le 28 septembre 2026, 2932 cas suspects et 86 décès ont été enregistrés », détaille l’Agence de Presse Africaine, qui précise « que les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et du Haut Katanga concentrent près de 60% des cas suspects ».
Pour Afrik.com « c’est l’autre urgence sanitaire qui progresse à l’ombre d’Ebola (…) avec près de 3 000 cas déclarés en une semaine, le niveau de notification reste six fois supérieur au seuil d’alerte de 599 cas hebdomadaire ». De plus, « les opérations de riposte, remarque Afrik.com, sont confrontées à des obstacles sécuritaires et logistiques. Dans l’est de la RDC, l’insécurité limite l’accès des équipes médicales à certaines localités comme Kibua et Masisi. »
Surpopulation en prison
Au Mali, les prisons sont pleines à craquer. C’est ce qu’annonce le Journal du Mali, qui parle d’un « grand embouteillage carcéral ». Publié début octobre, « le rapport du Mécanisme national de prévention de la torture de la Commission nationale des droits de l’homme met en lumière une forte surpopulation dans plusieurs prisons maliennes », explique le journal.
À titre d’exemple, « à la maison centrale d’arrêt de Bamako, 3956 détenus occupaient fin 2025 un établissement prévu pour 400 places, soit un taux d’occupation de 989 %. » Comment expliquer cette surpopulation ?
Selon le Journal du Mali, « la pression est largement alimentée par le poids de la détention provisoire (…) au-delà du manque de place, le rapport documente surtout la composition de la population carcérale. À Bamako, sur les 3 956 personnes détenues, seules 496 avaient été condamnées, contre 1548 inculpés et 1912 prévenus ».
Interrogé par le Journal du Mali, le professeur Boubacar Bocoum, enseignant-chercheur et secrétaire général adjoint de l’Association malienne de droit pénal, explique que « lorsqu’une proportion aussi importante de la population carcérale est constituée de personnes en attente de jugement, la question devient avant tout celle du recours à la détention provisoire, de la durée des procédures et de la capacité de la justice à traiter les dossiers dans un délai raisonnable. »
« Le problème, ajoute le Journal du Mali, est aussi celui des moyens humains (…) les cabinets d’instruction sont souvent engorgés. Disposer de davantage de places pourrait desserrer une partie de la pression, conclut le journal. Mais (...) le désengorgement se jouera aussi en amont de la prison, dans la manière dont les dossiers seront orientés, instruits et jugés » . - Les jeunes de la Gen Z étaient descendus dans les rues le 25 septembre de l’année dernière pour dénoncer les coupures d’eau et d’électricité. Ensuite, les événements s’étaient enchaînés. Rejet des autorités en place, ralliement de l’armée, fuite du président Rajoelina et prise du pouvoir par les militaires le 14 octobre…
Le 14 octobre c’est aussi la date anniversaire de la proclamation de la république de Madagascar, en 1958. À cette occasion, le chef de l’État, le colonel Michaël Randrianirina, a affirmé hier que « l’indépendance de Madagascar restait à conquérir. » Petite phrase reprise notamment par le quotidien L’Express.
La veille, lors d’un discours, rapporte Madagascar Tribune, le colonel avait affirmé qu’il ne « comptait pas ouvrir de négociations politiques autour d’une éventuelle redistribution des responsabilités gouvernementales. Pour lui, la priorité demeure la consultation des citoyens, sous la conduite du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar. » Avec en ligne de mire l’achèvement des concertations avant décembre, puis l’organisation des scrutins constitutionnel et présidentiel l’année prochaine.
Et la Gen Z dans tout cela ?
« Le 25 septembre dernier, la Transition malgache a honoré la Gen Z avec une stèle singulière érigée pour l’an 1 de la révolution anti-Rajoelina », relève Afriquinfos.
Une stèle, précise Jeune Afrique, constituée d’une « plaque en marbre noire, qui ne déparerait pas dans un cimetière, où l’on voit quatre jeunes qui brisent leurs chaînes sous la protection d’un béret vert, arme au poing, devant un drapeau malgache déployé au vent. »
Alors, l’après de la transition militaire, c’est « tout l’enjeu, pointe le site panafricain, des concertations nationales qui ont démarré péniblement en mai, sous le patronage du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar. De ces consultations doit émerger le contenu des lois électorales qui seront appliquées l’année prochaine pour mettre un terme à la transition et surtout, de la vaste réforme constitutionnelle qui doit servir de prémices à la refondation qui suivra. Déjà repoussées six fois ces derniers mois, les concertations n’ont pas vraiment démarré, relève Jeune Afrique. Seule la jeunesse a déjà rendu sa copie : la même que celle qu’elle faisait entendre un an plus tôt. Les principaux responsables politiques préfèrent débattre de sujets stériles, déplore le site panafricain, comme la question récurrente du fédéralisme, plutôt que d’écouter une Gen Z trop affaiblie par ses divisions pour pouvoir peser sur les débats. Une portion de cette Gen Z a (en effet) rejoint le pouvoir, la grande majorité est rentrée chez elle, pendant qu’un dernier carré prépare l’avenir. »
« J’ai l’impression d’avoir été trahi »
« Pour la Gen Z de Madagascar, un an après le putsch militaire, les lendemains qui déchantent », titre pour sa part Le Monde Afrique qui publie ce jeudi le premier volet d’une série de quatre reportages dans la Grande Île.
Le Monde Afrique qui revient sur cette fameuse stèle commémorative : « la célébration n’a pas été du goût de tout le monde. “On est un peu déçus par cette stèle“, maugrée Herizo, l’une des figures les plus connues du soulèvement de “Tana“, le surnom de la capitale malgache. “On aurait voulu, poursuit-il, que tous les personnages soient sur le même niveau, alors que, là, on a le sentiment que l’armée surveille la population et qu’elle a le rôle principal“. “Les militaires en haut, le peuple en bas : cette stèle dit tout“, renchérit une géographe, personnalité phare de la société civile malgache, qui se présente comme la “grande sœur de la Gen Z. “On nous avait promis une nouvelle aube en matière de droits et de liberté d’expression“, confie Elliot, un autre meneur de la Gen Z, avant d’ajouter : “J’ai l’impression d’avoir été trahi“. »
Et Le Monde Afrique de s’interroger : « les indignés de “Tana“ auraient-ils laissé passer leur chance, le 12 octobre 2025 ? L’espace de quelques heures, entre la fuite en catimini d’Andry Rajoelina et l’adoubement de Michaël Randrianirina, le sommet de l’État a sonné vide. “Si on avait dit, à ce moment-là, que l’on prenait le pouvoir, l’histoire aurait pu être complètement différente, songe Elliot. Mais on n’avait pas de programme, pas de gouvernement prêt, pas de figure de consensus. Ça nous a manqué et ça nous manque toujours“. » - « La création du FRN, le Front pour la refondation de la nation, dirigé par Joseph Kabila et annoncé hier à Goma, commence à produire ses premières secousses dans l’ancien camp présidentiel » : c’est ce que relève Afrik.com. En effet, en l’espace de quelques heures, plusieurs cadres du PPRD, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, ont quitté le navire. « Il n’a pas fallu attendre longtemps pour voir les premières réactions de désapprobation dans la famille politique de Joseph Kabila. (…) Sa nouvelle orientation place ses alliés devant un choix difficile, note Afrik.com : suivre une stratégie qui assume désormais une dimension armée, ou poursuivre le combat politique en s’en démarquant. »
Ainsi, relève le site congolais 7 sur 7, « plusieurs cadres du PPRD, ainsi que diverses personnalités politiques, prennent leurs distances avec Joseph Kabila. » 7 sur 7 cite notamment l’ancienne ministre des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, qui affirme « rejeter le recours à la lutte armée et qui dit vouloir poursuivre son combat politique dans l’opposition à Kinshasa, à “mains nues“. Elle plaide pour un dialogue “franc, inclusif et constructif » en faveur de la paix“. »
A contrario, l’ancien ministre de la Santé, Félix Kabange Numbi, affiche son soutien à cette nouvelle plateforme politico-militaire, pointe le site Actualité CD : « “Notre nation est en péril“, affirme-t-il, rejetant toute attitude d’abstention face à ce qu’il considère comme une urgence nationale. Félix Kabange Numbi appelle les Congolais à reprendre leur destin en main, et affirme vouloir combattre, au sein du FRN, le régime de Kinshasa qu’il qualifie de “dictature“. »
L’arène politique congolaise encore plus polarisée…
De son côté, Jeune Afrique remarque que « Kabila ne crée pas uniquement des secousses dans sa propre famille politique en annonçant rejoindre la lutte armée, il rebat aussi les cartes dans l’opposition. Le lancement du FRN polarise un peu plus l’arène politique et pousse les adversaires du président congolais, engagés depuis des mois dans la contestation du projet de changement de la Constitution, à prendre clairement position. À Kinshasa, ce combat est surtout porté par la coalition C64, qui réunit les opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga, Augustin Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund et Moïse Katumbi. Aucun d’entre eux n’a pour l’heure réagi à l’annonce faite à Goma hier. »
Jusqu’à présent, pointe encore Jeune Afrique, « la C64 soutenait l’idée d’un dialogue inclusif qui impliquerait à la fois Joseph Kabila et l’AFC/M23. Le pouvoir a toujours catégoriquement refusé cette condition. Le lancement de la nouvelle rébellion confortera probablement le président Tshisekedi dans son approche. Et place en tout cas le reste de l’opposition face à un choix décisif : suivre la voie empruntée par l’ex-président, désormais clairement associé à la rébellion, ou s’en désolidariser entièrement, en espérant peser dans la rue face au pouvoir dans la perspective d’un dialogue. »
La rébellion va-t-elle passer à l’offensive ?
Le Monde Afrique s’interroge sur la suite des événements : « jusqu’où ira celui qui, en 1997, a participé au côté de son père, l’ancien président Laurent-Désiré Kabila, à la campagne militaire lancée depuis l’Est pour prendre Kinshasa et renverser le dictateur Mobutu Sese Seko ? Pour Trésor Kibangula, analyste politique au centre de réflexion congolais Ebuteli, interrogé par le journal, “si une partie de la direction de l’AFC/M23 semble pouvoir s’accommoder du statu quo actuel, en consolidant son contrôle sur des villes comme Goma et Bukavu, une autre frange paraît depuis longtemps favorable à la poursuite de l’offensive, notamment vers le Sud. Joseph Kabila semble davantage proche de cette seconde orientation, souligne le chercheur. La création du FRN pourrait donc favoriser une relance de cette progression vers le Sud“. »
Et puis, souligne encore Le Monde Afrique, « l’une des principales inconnues de la nouvelle équation posée par la création du FRN est celle de l’avenir du processus de paix de Doha, signé en novembre 2025 par le M23 et Kinshasa. Le M23 dissout, la nouvelle coalition reprendra-t-elle les engagements actés dans cet accord-cadre – tels que la mise en place d’un cessez-le-feu permanent ? De son côté, le gouvernement acceptera-t-il de continuer à négocier avec un nouveau chef de rébellion qui a été condamné à mort par contumace ? » Rien n’est moins sûr… - « De la rébellion au pouvoir, puis du pouvoir à la rébellion », s’exclame le site congolais Beto. « L’ancien président de la République, Joseph Kabila revient au premier plan sous la bannière d’un mouvement politico-militaire » : le FRN, le Front pour la refondation de la Nation, et ce « aux côtés de dirigeants de l’AFC/M23 », la rébellion de l’est.
Kabila patron de la rébellion, ça n’est pas une surprise, relève Beto : « Les (premières) accusations de Félix Tshisekedi contre Joseph Kabila remontent à août 2024. Dans un entretien accordé à Top Congo depuis Bruxelles, le président congolais avait accusé son prédécesseur de préparer une insurrection après avoir boycotté le processus électoral de 2023. Il lui attribuait alors un rôle central dans l’Alliance fleuve Congo : “l’AFC, c’est bien lui“, affirmait-il. Début 2025, à Munich, Tshisekedi avait renouvelé ses accusations, présentant Kabila comme le commanditaire d’une opposition armée ayant, selon lui, fomenté avec le Rwanda une entreprise contre la République. »
En tout cas, pointe encore Beto, « ce retour à la rébellion renvoie aussi aux origines du parcours de Joseph Kabila. En 1996, il avait rejoint l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (l’AFDL), menée par son père Laurent-Désiré Kabila contre le régime de Mobutu. Il s’était notamment vu confier la direction des opérations sur l’axe Kisangani. Près de trente ans plus tard, il retrouve le terrain politico-militaire, cette fois à la tête de sa propre structure. »
La « congolisation » de la rébellion…
« Loin d’être une surprise pour les observateurs, ce changement d’étiquette était documenté, relève également Le Journal de Kinshasa. Dans son rapport final de juin dernier, le Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC alertait déjà sur une possible restructuration de l’AFC/M23 avec changement de nom et une montée en puissance de Joseph Kabila à des fonctions de premier plan. Les experts notaient également un enjeu stratégique, note encore Le Journal de Kinshasa : mettre en avant une figure congolaise comme Kabila permettait de présenter la rébellion comme un problème interne congolais et d’occulter le rôle du Rwanda, accusé par l’ONU et les occidentaux de soutenir le M23. Le Rwanda qui a toujours nié sa responsabilité. »
Justement, pointe Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, « la question est maintenant de savoir ce que Kigali compte faire de cette situation inédite. Faute d’alternative, le Rwanda s’est résolu à laisser faire Joseph Kabila, même si les objectifs des rebelles d’aller jusqu’à Kinshasa pour prendre le pouvoir sont loin d’être ceux de Kigali, échaudée par les expériences passées. L’entrée de Kabila dans la danse permet surtout au turbulent voisin de minimiser son implication dans le conflit pour faire de la nouvelle rébellion un mouvement congolais répondant à des problèmes congolais. Et terminer la “congolisation“ de la rébellion. Le Rwanda espère ainsi desserrer l’étau des sanctions internationales. »
Les élections ou la kalachnikov…
Afrikarabia note encore que « le Front pour la Refondation de la Nation constitue le énième avatar d’un cycle de rébellions qui semble sans fin. Après l’AFDL à la fin des années 90, se sont succédé le RCD, le CNDP, le M23 première version, puis le M23 deuxième version en 2022. Aujourd’hui, c’est donc un ancien président qui reprend le chemin des armes au Congo, validant encore une fois l’adage qu’il n’y a que deux façons de prendre le pouvoir à Kinshasa : en tripatouillant les élections ou en prenant la kalachnikov. »
Hier, lors de la conférence de presse à Goma annonçant la création du Front pour la refondation de la Nation, Joseph Kabila ne s’est pas directement exprimé. Il l’avait fait vendredi dernier lors d’une allocution télévisé de 20 minutes. 20 minutes au cours desquelles, « l’ancien président a déroulé ses griefs contre le pouvoir de Tshisekedi, rapporte Le Point Afrique. Sans jamais nommer son successeur, il avait brossé un portrait à charge du régime actuel. “Le Congo n’est plus une République, encore moins une démocratie“, avait-il lancé, mais “une dictature“. (…) Quelques heures plus tard, note encore Le Point Afrique, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, avait répliqué en qualifiant Joseph Kabila d’“homme du passé“ qui “n’a rien d’autre à offrir que le chaos“, le décrivant comme un “nostalgique de méthodes antidémocratiques“ et un “auteur de crimes connus“. »
Acerca de Revue de presse Afrique
Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
Sitio web del podcast