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    Allemagne: à Berlin, le bunker de Hitler, menacé de destruction, provoque un débat historique

    05/08/2026
    À Berlin, le centre du pouvoir nazi a largement disparu après la Seconde guerre mondial. Un grand bunker, sous l'ancienne chancellerie d'Adolf Hitler, est menacé par un projet immobilier. Historiens et experts se mobilisent pour sauver ce vestige qui pourrait servir de mémorial consacré au pouvoir nazi.
    « Le seul élément qui vous indique que le bunker de Hitler se tenait ici, c'est ce panneau. C'est ici qu'il va se donner la mort le 30 avril 1945. » Vincent Simon se tient devant un panneau qui donne quelques informations sur l'ancien bunker d'Adolf Hitler. Il faut beaucoup d'imagination pour se représenter, juste à côté la gigantesque nouvelle chancellerie de Hitler, qui faisait plus de 400 mètres de long. Depuis la chute du mur, le no man's land qui séparait Berlin à cet endroit a été complètement reconstruit.
    Un terrain vague, quelques dizaines de mètres plus loin, a échappé à la reconstruction du centre de Berlin depuis 35 ans. Il se trouve sur le site de la chancellerie de Hitler. Un projet immobilier prévoit des bureaux et des logements. Mais en sous-sol se trouve l'un des plus grands bunkers encore existants : 1 200m² en bon état subsistent encore, plus de 80 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale. Le plan d'occupation des sols prévoit la destruction de ces restes. Historiens et experts protestent. La ville de Berlin reste inflexible, alors que l'on peut sans problème construire un immeuble sur un bunker nazi quasi indestructible.
    Uwe Neumärker est le directeur de la fondation qui gère le mémorial pour les Juifs d'Europe victimes de l'Holocauste, à quelques dizaines de mètres de là. « Je suis résolument pour la sauvegarde de ce bunker, qui est un témoin de notre histoire que l'on ne peut pas détruire brutalement. Il y a un grand intérêt pour ce passé et un grand besoin d'informations. Quatre-vingt ans après la guerre, les connaissances s'amenuisent. Nous devons faire quelque chose pour lutter contre une glorification de ce passé », explique-t-il.
    Un tel bunker sauvegardé pourrait-il être un lieu de pèlerinage pour nostalgiques ? Uwe Neumärker n'y croit pas. Dietmar Arnold non plus. Le responsable de l'association Berliner Unterwelten propose depuis des années aux touristes des visites de bunkers de l'époque nazie. Il a déjà un plan pour celui qu'il veut sauver sous l'ancienne chancellerie de Hitler : « Notre projet consiste en une exposition sur la fin de la guerre. La chancellerie était un bâtiment de prestige de Hitler, même s'il n'y a presque jamais travaillé. Ce sont les derniers vestiges du pouvoir nazi. »
    Après la chute du mur, les restes du IIIe Reich, comme les vestiges de la RDA communiste, ont été très vite éliminés en Allemagne, ce que les experts regrettent. Beaucoup a été fait autour des victimes du régime nazi. Les symboles de ce pouvoir méritent une mise en valeur critique. 
    À lire aussiEn Allemagne, le magazine «Die Zeit» permet de savoir en quelques clics si ses ancêtres étaient nazis
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    En Espagne, le projet de réouverture d'une mine toxique d'Andalousie suscite la controverse

    04/08/2026
    Le 25 avril 1998 survint la plus grande catastrophe écologique de l'histoire de l'Espagne. Aux abords de Séville, près de la bourgade d'Aznalcollar, la digue du bassin de décantation minière se rompt. Résultat : six millions de mètres cubes de boue toxique déversés dans le bassin du fleuve Guadiamar, contaminant 4 600 hectares sur 63 kilomètres. Le gisement ferma en 2022. L'entreprise suédoise Boliden n'a jamais remboursé un sou. Aujourd'hui, le groupe minier Mexico, troisième producteur de cuivre dans le monde, a reçu l'autorisation de la région Andalousie de rouvrir cette mine. Il y a de la joie et de l'enthousiasme chez les uns, mais de la résistance chez d'autres.
    Nous sommes tout à côté de la commune d'Aznalcollar, 6 000 habitants, écrasée sous la chaleur. Devant nous, un cratère empli d'eau de couleur turquoise. Une beauté trompeuse, car elle est toxique après des dizaines d'années de contamination minière. Un désastre, pour le militant écologiste Isidoro Albarreal : « Par ici se sont déversées toutes les boues toxiques causant une contamination qui est toujours présente. »
    D'après le groupe minier Grupo Mexico, qui a racheté ces gisements, tout va s'arranger, car il promet de récupérer les eaux toxiques de deux bassins de décantation et de nettoyer ces eaux par un système d'épuration. Luis, porte-parole du groupe à Séville, explique : « L'objectif, ce n'est pas seulement de rouvrir la mine, de créer des emplois et d'extraire des matières premières basiques. C'est aussi que l'opérateur s'est engagé à réaliser une restauration environnementale. »
    Ce projet rencontre localement l'enthousiasme. Avant l'accident de 1998 et la fermeture de la mine, 4 000 à 5 000 personnes y travaillaient. Elles sont aujourd'hui au chômage ou bien avec des emplois précaires, loin de la bourgade. Le maire, Juan José Fernandez, n'y voit que des avantages : « Le premier bénéfice pour la population d'Aznalcollar, c'est de l'emploi. Enfin, la promesse va devenir réalité, car une fois que les eaux seront épurées et la mine sanctuarisée, l'activité pourra recommencer tout en nettoyant les montagnes de décombres. »
    Sur place, dans les bars d'Aznalcollar, l'immense majorité applaudit cette réouverture. Comme Carmin, un ancien mineur à la retraite : « La mine doit beaucoup de vie au village. Beaucoup de vie, car plein de gens vont y travailler de nouveau. Actuellement, ils ont un emploi précaire à Séville ou dans les environs, et s'ils peuvent travailler à la mine, ce sera un travail mieux payé et plus stable. »
    Le projet du groupe minier, approuvé par la région andalouse, est de construire une canalisation de 35 kilomètres pour reverser les eaux supposément épurées vers le grand fleuve Guadalquivir. Les écologistes, comme Isidoro, craignent le pire : « Effectivement, cette eau n'est apte ni pour l'irrigation ni pour un usage domestique. C'est une eau pleine de métaux lourds, en dépit du processus d'épuration. Cette eau va envenimer, plus encore que contaminer, le fleuve Guadalquivir. Et va donc empoisonner les activités en aval de Séville, telles que les rizières et les activités de pêche et de ramassage des fruits de mer. »
    Pour l'heure, le projet devrait se faire, car il a toutes les autorisations. Quatre organisations écologistes importantes ont déposé un recours pour « possible contamination », en espérant bloquer le déversement vers le Guadalquivir et l'activité minière dans son ensemble.
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    Liban: six ans après, que sait-on de l'explosion du port de Beyrouth?

    03/08/2026
    Six ans jour pour jour. Ce mardi, le Liban commémore la terrible explosion du port de Beyrouth qui a eu lieu le 4 août 2020. La catastrophe a tué 235 personnes, fait 6 500 blessés et ravagé un tiers de la capitale libanaise. C’est l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’histoire. Après avoir été bloquée pendant de longues années à cause de l’hostilité de la classe politique, l’enquête du juge d’instruction Tarek Bitar est aujourd’hui terminée. Que sait-on de l’explosion du port de Beyrouth ? Quelles sont les zones d'ombre ? Quand aura lieu ce procès historique ? 
    De notre correspondante à Beyrouth,
    C'est un dossier devenu le symbole de l'impunité de la classe politique libanaise. Pendant des années, l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth est restée au point mort. Plus d'une quarantaine de recours judiciaires visant le juge d'instruction Tarek Bitar, mais aussi de nombreux blocages institutionnels, ont empêché les investigations d'avancer. Le tournant intervient en janvier 2025, avec l'arrivée au pouvoir du gouvernement de Nawaf Salam, ancien président de la Cour internationale de justice. Les nominations de magistrats qui étaient bloquées sont relancées. Les juridictions examinent et rejettent les recours qui paralysaient l'enquête.
    « Le juge d’instruction a fini son dossier, il l’a transféré au procureur, le procureur prépare ses réquisitions, nous espérons que les réquisitions seront prêtes dans un délai qui pourrait varier dans un délai de 60 à 90 jours, explique Adel Nassar, ministre libanais de la Justice. Les réquisitions n’ont pas une force obligatoire à l’égard du juge d’instruction. Le juge d’instruction, une fois ses réquisitions faites, transférera le dossier au tribunal compétent, et à ce moment-là on passera à l’étape du procès en attendant le jugement. »
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    « On ne peut pas se dire que la justice n’arrivera pas, parce que ce serait juste invivable »
    En 2021, Human Rights Watch avait mené sa propre enquête. Ramzi Kaiss, chercheur pour l'ONG, raconte ce que l’on sait et les zones d'ombre qui persistent autour de l’acheminement de plus de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium au port de Beyrouth : « Plusieurs officiels libanais savaient que du nitrate d’ammonium arrivait au port de Beyrouth, savaient les dégâts que ça pouvait causer aux populations civiles autour, ils avaient le pouvoir de le faire enlever ou de le stocker de manière à ne pas mettre la vie d’autrui en danger. Ils ont failli à le faire. Il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas. Le nitrate d’ammonium devait-il aller à Beyrouth et y être déchargé ? Le nitrate d’ammonium devait-il servir à autre chose qu'à être stocké au port de Beyrouth ? Utilisé par qui ? Qui voulait que ce nitrate d’ammonium soit à Beyrouth ? »
    À lire aussiExplosion au port de Beyrouth: «La justice doit dire la vérité» sur cet «acte criminel et volontaire», selon Melhem Khalaf
    Paul Naggear, père d’Alexandra, une petite fille de trois ans tuée dans l’explosion, ne cesse de se battre pour qu’un jour la justice soit rendue et pour connaître la vérité. « On ne peut pas se dire que la justice n’arrivera pas, parce que ce serait juste invivable. Et on vit comme ça depuis le 4 août 2020. Donc, on continuera à lutter jusqu’à ce que ça arrive. C’est vrai qu’il y a un gouvernement aujourd’hui qui est en mesure d’exercer ses fonctions, mais ça peut changer très rapidement, c’est pour ça aussi qu’on a ces craintes et qu’on veut faire avancer les choses le plus rapidement possible. C’est une crainte qui reste, mais l’optimisme sera toujours là. »
    Le président de la République, Joseph Aoun, a appelé le juge d’instruction à publier l’acte d’accusation, une nécessité qui ne peut plus attendre, a-t-il estimé.
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    Australie: des voies vertes de Sydney pour le bien-vivre et le bien-être des habitants

    02/08/2026
    Alors que l’Europe et la France en particulier traversent une période de canicule sans précédent, dans des pays déjà habitués aux fortes chaleurs, on tente également de s’adapter au réchauffement climatique. C’est notamment le cas de la ville de Sydney, en Australie, où l’un des moyens envisagés pour faire baisser la température, c’est d’aménager des voies vertes, autrement dit, des pistes cyclables couvertes par des arbres, pour relier entre eux les différents quartiers d’une ville qui reste essentiellement pensée pour l’automobile. Loin de seulement apporter du confort et de la fraîcheur aux habitants, ces voies vertes pourraient également réduire les dépenses de santé de plusieurs centaines de millions d’euros par an.
     
    De notre correspondant à Sydney,
    Et si le secret, pour survivre dans une jungle de béton, c’était de planter des arbres ? Ce ne sont en tout cas pas les utilisateurs de la Inner West Greenway, une voie verte de 6 km ouverte en décembre dernier, presque entièrement abritée sous des arbres, qui longe d’anciennes canalisations, qui diront le contraire.
    À l’image de Lili, qui y passe une bonne partie de son temps libre. « Je viens marcher ici quasiment tous les jours, c’est super ! Depuis l’ouverture, il y a tellement de gens qui l’utilisent, ça fait prendre conscience à quel point nous avions besoin de ce genre d’espace. En particulier, ici, proche du centre-ville, pour les gens qui vivent en appartement. »
    C’est également le constat du comité pour Sydney, un laboratoire d’idées qui a récemment appelé les autorités à construire beaucoup plus de voies vertes, à la fois pour rendre la ville plus cyclable, mais aussi, et surtout, pour la rendre plus fraîche. En particulier dans les banlieues ouest, à la fois très bétonnées et éloignées du littoral, où les coûts engendrés par les journées de forte chaleur sont énormes. C’est ce que rappelle Sam Kernaghan, directeur de la politique de résilience au comité pour Sydney. « Les coûts économiques, seulement pour l’ouest de Sydney, des journées de chaleur extrême, sont de 900 millions d’euros par an. Cela inclut les dépenses de santé pour les familles, les dépenses supplémentaires pour se rafraichir, comme la climatisation, mais aussi les coûts en termes de baisse de productivité. »
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    Des îlots et des corridors de fraîcheur face à l'urbanisation galopante
    Des journées de chaleur extrême, c'est-à-dire où le thermomètre affiche plus de 35 degrés, il pourrait y en avoir deux fois plus qu’aujourd’hui d’ici à 2050 dans l’ouest de Sydney, où, en période de canicule, la température est déjà 5 à 10 degrés plus élevée qu’à l’est de la ville, situé en bord de mer. Et alors que la population augmente et que la ville se densifie, il est essentiel pour Sam Kernaghan d’accompagner ce développement avec des îlots et des corridors de fraîcheur. « Il nous faut donner à cette population qui grandit accès à des endroits où ils peuvent nager, marcher, faire de l’exercice, qui sont au frais, accessibles à tous. »
    Les villes, et leurs habitants, ont tout à y gagner. Avoir accès à des espaces verts a de fait un impact positif scientifiquement prouvé sur la santé mentale. Et leur démultiplication à Sydney pourrait également y faire considérablement réduire les dépenses de santé. De l’ordre de 600 millions d’euros par an selon le Comité pour Sydney, dont l’estimation ne prend en compte que les maladies cardiovasculaires, aggravées par la chaleur.
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    Au Pakistan, des femmes DJ occupent une scène électronique en plein essor

    01/08/2026
    Le Pakistan n'est sans doute pas le premier pays qui vient à l'esprit quand on parle de musique électronique. Et, pourtant, à Karachi, la plus grande ville du pays, une scène « underground » s'est développée ces dernières années. Avec une nouveauté : l'arrivée de femmes DJ, de plus en plus nombreuses malgré les tabous. Car dans ce pays aux valeurs traditionnelles, la musique religieuse et dévotionnelle occupe une place centrale, et la scène électronique reste souvent associée à des comportements jugés immoraux et aux influences occidentales.
    De notre correspondante à Karachi, Ondine de Gaulle 
    En pleine nuit, dans les environs de Karachi, les basses résonnent sur la plage. Une centaine de jeunes dansent dans une villa face à la mer, éclairés par les stroboscopes. Ici, les invités ont été soigneusement sélectionnés : la fête est clandestine.
    Aux platines, Chiara. Casque sur les oreilles, la DJ de 23 ans fait monter le rythme. Il y a encore quelques années, les femmes DJ se comptaient sur les doigts d'une main au Pakistan. Aujourd'hui, elles sont de plus en plus nombreuses à se lancer. Mais, pour beaucoup, la scène électronique reste associée au monde de la nuit et à la débauche, comme l’explique Chiara, après son set. « Comme nous vivons en République islamique du Pakistan, beaucoup de gens ici considèrent la fête comme une activité illicite. Le fait que des filles portent des vêtements courts, que des filles et des garçons se mélangent ou dansent, c'est mal vu. Une partie de la société considère que ces soirées relèvent presque de l'œuvre du diable. »
    Un nouveau concept pour continuer la fête : les fêtes sobres, ou « halal »
    Ces fêtes clandestines sont aussi dans le collimateur des autorités. La police multiplie les descentes au nom de la lutte contre l’alcool, les drogues ou les atteintes à la morale publique. Depuis un commissariat du centre-ville, Syed Ali Hassan, officier de police, assume cette politique de tolérance zéro. « Ce n’est pas seulement illégal, ce sont des activités démoniaques. Même si ces fêtes sont organisées clandestinement, nous prendrons des mesures. »
    Pour continuer à faire la fête, un nouveau concept s'est développé ces derniers mois : les fêtes sobres, ou « halal », organisées en journée. Dans une rue d’un quartier huppé de Karachi, en plein milieu de l'après-midi, la façade d’un café ne laisse rien deviner. Mais, une fois la porte franchie, changement d’ambiance : des dizaines de jeunes hommes et femmes dansent sur de la musique pop, café à la main. C'est Sarah Aijaz qui mixe aujourd'hui. Pour cette actrice et DJ, ces événements, tolérés par les autorités, offrent un cadre plus viable pour la scène électronique. « Ces fêtes sobres qui se développent sont accessibles à plus de monde, les gens s’amusent quand même, et ça apprend aussi aux gens à ne pas associer systématiquement la musique à la drogue. On voit des femmes DJ qui jouent dans les "coffee rave", mais il n’y en a pas beaucoup sur la scène underground, parce que ces événements finissent souvent tard. Mais, ici, je pense que c’est assez sûr pour les femmes. »
    Dans un pays où les femmes disposent rarement des mêmes libertés que les hommes, celles qui mixent aujourd'hui sont souvent issues de la jeunesse urbaine anglophone et aisée, qui a les moyens de s'affranchir des normes sociales.
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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
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